Manifeste affirmant le caractère un et divers de la langue d'Oc

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#271

2012-10-01 23:13

Je voudrais rajouter quelque chose. J'ai -humblement- trouvé un moyen de prouver l'unité de la langue occitane (peut-être que ce que je vais écrire ici est déjà connu, mais en tout cas pas à ma connaissance). Voilà: il se trouve qu'en russe le son "o" ne peut exister que sur l'accent tonique. Avant l'accent tonique, il se prononce "a". Exemple: moloko (le lait), qui se prononce malako en appuyant sur le o. En occitan c'est la même chose: le son "o" est toujours sur l'accent tonique, et JAMAIS AVANT. La différence avec le russe c'est que le "o" avant l'accent tonique passe à "ou" (et non "a" comme le russe). Vérifiez: pour la suite de la démonstration je vais écrire en graphie mistralienne, c'est à dire en phonétique française. Prenez un mot comme 'sociologie', dans lequel il y a 3 "o" avant l'accent tonique, qui est sur le "i". Traduisez-le en "sociologio"...ça ne 'sonne' pas occitan. Mais appliquez la règle, et ça donne 'soucioulougio". Et là ça sonne provençal, gascon, languedocien etc. Plus haut dans le commentaire 267 M. Yves Gourgaud a écrit spontanément, en mistralien, POUSITIU, et non POSITIU. Cette règle n'existe ni en espagnol, ni en italien, ni en français. C'est la marque de l'occitan !
NB : quant au son "o" après l'accent tonique, comme dans la luno, je rappelle ici qu'il ne s'agit pas d'un "vrai o", mais d'un a qui s'est fermé. Or, quand on assourdit un a, il devient un son entre a et o.

Réponses

Ive Gourgaud

#275 Re:

2012-10-02 10:57:58

#271: 6 -

Aie aie aie ! quelqu'un qui vous écrit:

"je vais écrire en graphie mistralienne, c'est à dire en phonétique française", c'est qu'il n'a guère pris le temps de réfléchir sur cette graphie !!!... D'abord, "phonétique française" est un non-sens absolu, et autre non-sens, une graphie n'est pas une phonétique... mais passons, je retrouve là une des sources de la mésentente (soyons modérés) entre occitanistes et mistraliens de graphie: une profonde méconnaissance des pratiques graphiques de l'autre (ça s'adresse aux deux parties: une réunion d'information sur les deux graphies serait profitable à tous)

Votre tentative de démonstration est intéressante, et on pourrait trouver d'autres champs communs remarquables entre langues d'oc, par exemple l'emploi du passé simple que le français et le francoprovençal (quelques îlots exceptionnels pour ce dernier) ont abandonné dans leur usage oral...

Pour ce qui vous intéresse (le son [o] seulement tonique), deux remarques qui me semblent importantes:

1) Vous distinguez les "vrais O" et les "faux": on peut être d'accord entre linguistes, mais allez faire comprendre ça à des gens ordinaires! En Cévennes on a des prononciations du type "lo compono", que vous allez faire écrire "la campana" en expliquant qu'il ne s'agit que de "faux O" et de "vrais A" ?? La Vérité serait donc dans le latin, et pas ailleurs ? Pourquoi, dans ces conditions, ne pas vouloir rétablir les "vrais A" en français, et écrire "la fenêtra", "la petita filla" ? Ce purisme latiniste était encore acceptable au XIXe siècle, mais au XXIe... avec ça que Mistral a eu la bonne idée de nous en délivrer en imposant, en finale atone, la graphie moderne (-O), ce qui ne l'a pas empêché, notez-le bien, d'avoir un Prix Nobel, et d'avoir réussi à redonner aux méridionaux (aux Occitans) le goût et la fierté d'écrire leur langue comme une langue VIVANTE MODERNE, pas comme du néo-latin. De ce passé mistralien salvateur je sais bien que l'occitanisme a voulu "faire table rase" en réinventant une graphie troubadouresque, mais disons que l'opération est loin d'avoir été un franc succès...

2) plus intéressant pour votre démonstration: il se trouve qu'à Lansargues, patrie du grand Langlade, on PRONONCE [o] les O prétoniques, les "vrais" ! Voyez ce qu'en disait Tourtoulon je crois (ou Roque-Ferrier?) dans la RLR de l'époque, JF Brun vous en dira plus là-dessus.

Donc votre démonstration, votre "preuve par l'O" n'est pas impeccable, elle souffre d'au moins une exception.

Ce qui ne l'empêche pas d'être intelligente et sensée: moi, partisan de la pluralité, je n'ai jamais nié la grande proximité des langues d'oc (entre chacune d'elles et ses voisines, s'entend: comparez un peu le nissart et le béarnais, vous verrez que c'est une autre paire de manches)