Pour une UQAM laïque

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Sarah B.

#34 Re: Re: Re: On avance, on avance, on ne recule pas !

2013-12-21 13:26

#33: Francis Dupuis-Déri - Re: Re: On avance, on avance, on ne recule pas !

Oui, vite, dérobez-vous encore face aux arguments de fond, on vous comprend :-) Si psychanalyse il y a (et si peu), c'est celle de votre discours, et en réponse à la psychologie de carnaval que vous pratiquez sur les autres en leur prodiguant des diagnostics sur leur niveau de "peur" et de "haine", ou encore sur l'"horreur" qu'ils ressentiraient en eux d'après votre expertise en psycho-pop (diplômé Cracker Jack?). Ce n'est pas Freud, mais plutôt une sorte de mélange entre Doc Mailloux et Paolo Coelho que vous devriez fréquenter. Le tout en bon Doc Ès Sermonneur qui moucharde du doigt et dresse les listes noires ;-)

Et je ne vous connais ni d'Ève ni d'Adam, votre discours est simplement un cliché sur pattes, qui vient disperser ses lubies puis s'enfuit immédiatement quand des arguments et des faits viennent le contredire (attention, à force de vous cacher sous le lit vous allez finir par avaler de la poussière...).

Par-contre, c'est amusant de vous voir affirmer que vous ne connaissez pas une "Étudiante" qui s'est présentée sous pseudo, "à ce que je sache de ce que je sais" :-) Euh...

Donc on vous comprend aussi d'aller vous embrouiller dans vos oeufs, et surtout n'oubliez pas le Jell-O quand vous aurez fini!

Réponses

Francis Dupuis-Déri

#35 J'essaie encore...

2013-12-21 16:23:35

#34: Sarah B. - Re: Re: Re: On avance, on avance, on ne recule pas !

Si ce n'est pas de «l'inquiétude (ou la peur ? ou la méfiance ? ou la haine ?)» (comme je l'ai laissé entendre) qui est resentie envers «ces 'femmes voilées'» du côté de celles et ceux qui appuient un projet de loi qui stipule qu'il faut leur interdire les emplois dans la fonctions publiques (et à l'UQAM), mais plutôt le désir de les émanciper (c'est bien cela ?) parce que vous savez que le voile représente de l'indignité et de la violence symbolique et physique (c'est bien cela?), alors je ne comprends toujours pas comment vous les aidez en leur interdisant un emploi (ou en exigeant qu'elles l'enlèvent si elles veulent y travailler) ?

Il me semble qu'il faudrait plutôt sévir contre ceux qui les violentent, non ?

Et si, hypothèse plausible, ces femmes ne veulent pas enlever leur voile pour obtenir un emploi à l'UQAM, en quoi cette loi les aide à lutter contre l'indignité et la violence symbolique et physique dont le voile est le symptôme ?

Il me semble qu'il faudrait plutôt sévir contre ceux qui les violentent, non ?

Et enfin, comme je l'ai mentionné plus tôt, rassurez vous : il semble qu'il y a plusieurs dizaines de collègues à l'UQAM (signataires de cette pétition) qui ne veulent tout simplement pas (pour de bonnes ou mauvaises raisons, à vous de voir) de femmes voilées comme collègues. On peut donc en déduire que ces personnes qui appuient le projet de Charte n'ont pas voté (si la situation s'est produite dans leur département) ni ne voteraient pour une candidate à un poste qui porterait un voile religieux. Cela réduit donc d'autant, loi ou pas, la probabilité qu'il y ait des femmes portant un voile religieux à l'UQAM.

D'ailleurs, l'UQAM compte combien de femmes professeures qui portent un voile religieux : on ne m'a jamais donné la réponse. Et est-ce que la Loi obligera à ne pas en embaucher à la cafétérariat de l'UQAM, dans les secrétariats, à la bibliothèque et comme concierges (entre autres) des femmes qui désirent porter le voile ? Est-ce cela auss par solidarité avec ces femmes ?

Quant aux quelques collègues Juifs qui portent le kippa, j'ai comme l'impression (mais ce n'est qu'une impression) qu'ils ne vont pas accepter de l'enlever suite à l'adoption de la Loi. Je pense au professeur d'histoire à l'Université de Montréal Yakov Rabkin (un antisioniste radical et pour des raisons entre autres religieuses, si j'ai bien compris ses positions), et à mon collègue Julien Bauer (un sioniste entêté, si j'ai bien compris ses positions), en science politique à l'UQAM. Julien est, à ma connaissance, le seul collègue de l'UQAM a porter un signe ostentatoire religieux, mais peut-être qu'il y en a d'autres — j'attends d'ailleurs cette information avec intérêt. Je serai aussi bien curieux de savoir combien d'étudiants et d'étudiantes ces deux professeurs sont parvenus à convertir au judaïsme depuis qu'ils enseignent. Enfin, s'ils refusent d'abandonner la kippa pour venir travailler (ce qui est plausible), ils devraient donc être mis à pied après une année de vaines mesures disciplinaires (si j'ai bien lu le projet de loi). Outre les principes fondamentaux et les autres enjeux liés à cette proposition de Charte, j'ai vraiment hâte de lire dans les journaux : «L'UQAM renvoie un professeur juif.» Cela sera du plus bel effet ! Mais vous me direz avec raison qu'il s'agit là d'un détail et j'ai d'ailleurs un grand respect pour celles et ceux qui ont le courage de leurs convictions et ne se laissent pas démonter par le risque d'une mauvaise couverture médiatique, qui serait sans doute motivée par la mauvaise foi. Parce qu'après tout, si ces deux collègues qui enseignent depuis des dizaines d'années à l'Université refusent maintenant de se débarasser de leur kippa au travail, ils seraient bien les seuls et uniques responsables de leur mise à pied, n'est-ce pas ?

Quant aux Autochtones, je les instrumentalise peut-être (contrairement à vous, si j'ai bien compris), mais vous n'en dites pas grand chose : la loi pourtant interdira l'embauche de toute personne affichant des signes religieux ostentatoires et les Autochtones ont aussi leurs signes religieux/spirituels (en plus, éventuellement, d'autres signes associés aux religions des puissances colonisatrices qui ont imposé leurs croyances religieuses aux Premières nations). Donc, vous êtes favorable à ce que les Autochtones qui refusent de s'en défaire pour travailler n'aient pas d'emploi ni dans la fonction publique, ni à l'UQAM. C'est bien cela, non ? Personne ne m'a encore répondu à ce sujet.