Pour l'annulation du premier tour des élections municipales de 2020

Monsieur le Président de la République,

Monsieur le Premier Ministre,

Nous portons à votre connaissance la tribune publiée par Rémi Lefebvre, professeur de sciences politiques, université de Lille-Ceraps Nicolas Bué, enseignant-chercheur en science politique à l'université d'Artois et Fabien Desage , enseignant-chercheur en science politique à l'université de Lille le 18 mars 2020 pour etayer notre demande d'ANNULATION du premier tours des éléctions municipales de 2020.

La démocratie locale, déjà en piètre forme, ne peut être piétinée et passée par pertes et profits comme elle l’est depuis quelques jours. Nous, enseignant.e.s chercheur.e.s en science politique, spécialistes de l’étude de la démocratie, des élections et de l’action publique locale, nous nous élevons avec force contre les décisions prises qui ont conduit à organiser le premier tour des élections municipales, puis à en reconnaître les résultats.

Dans un contexte marqué par la crainte de contamination d’une part importante du corps électoral, où l’abstention a été massive (près de 20 points de plus qu’en 2014), la reconnaissance des résultats du premier tour des élections municipales relève d’une forfaiture démocratique, qui en entache de manière indéniable la légitimité. Celles et ceux qui ont souhaité maintenir «coûte que coûte» ce scrutin, qu’il s’agisse du gouvernement ou des élu.e.s et associations d’élu.e.s, portent une lourde responsabilité dans la séquence ahurissante de ces derniers jours. Nombreuses pourtant ont été les mises en garde concernant l’organisation de ce scrutin, provenant tant de médecins, de ministre (Agnès Buzyn) que de chercheurs en science politique ou de juristes, et même (in extremis) de grands élus régionaux. Cette décision de maintien a non seulement mis en danger les électeurs mais aussi porté atteinte au principe de précaution, alimentant des injonctions contradictoires pour la population. L’exécutif a beau jeu de tancer désormais des citoyens aux «comportements irresponsables», lui qui a incité les électeurs à sortir dimanche et à prendre ainsi des risques inconsidérés et inutiles. A l’évidence, ces circonstances ont nui à la sincérité et la sérénité du scrutin, et la focalisation des débats autour des enjeux de l’épidémie l’a apparenté à une «mascarade démocratique» (selon l’expression de l’ex-ministre de la Santé elle-même…).

La plupart des partis semblent ainsi s’accommoder d’un premier tour qui sécurise leurs intérêts électoraux ou, pour le moins, leur évite l’incertitude de devoir refaire campagne. Le gouvernement s’est rallié rapidement à cette option, alors que de nombreux constitutionnalistes (Dominique Rousseau, Didier Maus) plaident que les deux tours font bloc, que le premier tour conditionne le second et qu’il faudrait donc reprendre à zéro l’ensemble du cycle électoral.

«Protéger la vie démocratique», selon les mots du président de la République, ne saurait consister à maintenir à tout prix puis bricoler des élections quand la sincérité du scrutin est à ce point sujette à caution (les recours pourraient être nombreux) ; cela aurait exigé, au contraire, d’organiser un report, de manière à ce que les électeurs puissent décider de leur vote (ou non-vote), sans crainte pour leur santé et celle des autres. 

Pour toutes les raisons évoquées dans cette tribune nous demandons que le premier tour des élections municipales 2020 qui s'est déroulé le 13 Mars soit annulé et que les élections soient reportée à une période ou la santé de nos concitoyens sera assurée.

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