La Prévention Spécialisée parisienne en danger

 

Collectif travailleurs sociaux de Prévention Spécialisée parisienne

Contact : collectif.prevention.spe75@gmail.com 

 

 Paris le 07/10/2015

Madame la Maire de Paris,

Mesdames, Messieurs les élus,

Mesdames, Messieurs les financeurs,

Nous, travailleurs sociaux, acteurs, actrices de terrain de la Prévention Spécialisée parisienne, réunis en collectif, nous permettons de vous interpeller pour vous exprimer nos inquiétudes et questionnements au sujet des conventions 2016-2018. Conventions qui, selon les propositions de la DASES s’accompagnent d’une suppression d’une vingtaine de postes sur l’ensemble des territoires Parisiens ; à un moment où l’intervention éducative est priorisée, notamment à la suite des événements de Janvier 2015. Nous ne comprenons pas ces choix.

Nous précisons à cette occasion les fondements de la Prévention Spécialisée, l’arrêté de 72, la charte de la Prévention Spécialisée 75, qui situent clairement cette action sociale et éducative dans le champ de la protection de l’enfance.

Cependant, la Prévention Spécialisée contribue aussi indirectement à la prévention de la délinquance mais uniquement dans un  cadre éducatif et dans l’intérêt des jeunes suivis et bien évidement dans le cadre de la protection de l’enfance.

A ce jour, les retours de la DASES sur les conventions 2016 2018 proposent des suppressions de poste, des dé conventionnements, une réduction du taux d’encadrement des équipes éducatives et une mise en concurrence des associations par des appels à projets non justifiés ou des incitations à des reprises d’activités par d’autres « opérateurs ». La méthode employée nous semble brutale et sans concertation. Alors que la valorisation de la démocratie participative des habitants dans les quartiers est mise en avant, le département de Paris prend des orientations sans consulter les acteurs de terrain.

Outre le fait que ces mesures occultent complètement la notion du fait associatif et leurs spécificités, les publics concernés par ces actions éducatives et sociales sont complètement ignorées. Est-il utile de rappeler que les modes d’interventions de la Prévention Spécialisée nécessitent du temps et un climat de confiance, qu’il n’est pas possible de plaquer du jour au lendemain « des opérateurs » d’autant plus d’une manière brutale et inappropriée à l’égard des salariés. Nos associations respectives portent des valeurs et garantissent un cadre éthique et déontologique. Ainsi nous pouvons intervenir sur les territoires en sécurité et par conséquent apporter à notre tour un cadre sécurisant au public permettant le travail éducatif. Les associations ne sont donc pas interchangeables car portées par une histoire et ancrées sur un territoire depuis de nombreuses années.

Le secteur associatif ne se gère pas comme le secteur marchand. Nous travaillons avec l’humain, auprès d’un public jeune déjà fragilisé qui risque une plus grande marginalisation.

Quant aux salariés, le métier d’éducateur spécialisé en Prévention Spécialisée nécessite un investissement important. Le retour qui leur est fait est réellement scandaleux. Quand certains postes ne sont pas supprimés, ils sont redistribués d’un territoire à l’autre, d’une association à l’autre. Les salariés sont considérés comme des pions qu’on déplace sans aucune précaution.

Qu’adviendra-t-il de ce travail autant au niveau des conditions salariales, des budgets de fonctionnement et éducatif ? Nous craignons bien entendu la politique du moins disant social lors des appels à projet.

Nous craignons aussi une municipalisation de la Prévention Spécialisée avec une orientation principale vers la tranquillisation de l’espace public et une négation de l’action éducative.

Nous intervenons en qualité de travailleurs sociaux, notre impact sur les quartiers facilite le vivre ensemble et permet aux jeunes de mieux se réaliser et d’éviter des embuches compromettant leur parcours.

Faut-il rappeler qu’étrangement la Prévention Spécialisée a pour référent Madame Colombe-Brossel, l’élue à la sécurité et à la prévention ?

Dans ce sens, nous nous étonnons d’apparaitre sur un outil de communication de cette élue, qui nous situe au même niveau que  des mesures essentiellement sécuritaires.

Les familles, les jeunes, les partenaires sociaux, les associations de quartier pourront témoigner du bien fondé de notre travail.

L’insécurité vécue par les salariés des associations de Prévention Spécialisée ne peut que se faire ressentir auprès des populations des quartiers sur lesquels nous  intervenons.

Nous réclamons donc un retour en arrière par rapport au processus de reconventionnement par  un dialogue permettant une véritable réflexion avec l’ensemble des acteurs, élus, responsables associatifs, représentants des salariés ainsi que notre collectif.

 

Merci de votre soutien

Le collectif travailleurs sociaux de Prévention Spécialisée parisienne

 


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