Patrimoine palaisien en péril : défendez le quartier de la Bourbillière

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Chronique de petit Palaiseau et du Grand Paris

2020-10-30 12:47:20

Chronique du petit Palaiseau et du Grand Paris

(30 octobre 2020)  

Vive la mort !  

Au seuil d’un reconfinement ubuesque décrété par un gouvernement aux abois sur l’avis d’occultes savants dotés de l’étonnante faculté de lire une courbe de mortalité à l’envers, la France prépare, la mort dans l’âme, le deuil de sa vie quotidienne. Étrange concordance des temps que cet automne du Monde coïncidant avec la fête des morts. Germanique ou celtique, chrétienne ou laïque, c’est l’occasion pour une partie de l’humanité de saluer les mânes des ancêtres. Et du salut aux morts au recueillement intérieur d’où jaillit la pensée, il n’est qu’un pas que d’aucuns se sont vus franchir en parcourant les allées d’un cimetière : sommes-nous traîtres ou fidèles aux morts ? Serons-nous fiers ou honteux de leur succéder ? L’intelligence de l’avenir réside-t-elle dans le déni du passé ou doit-on puiser en lui force et beauté ?

Nonobstant l’autoritaire claustration, ce week-end, à Palaiseau comme ailleurs, les cimetières pourront être fleuris de ces pensées solitaires qui taraudent l’esprit. Saison d’autant plus singulière alors que cet automne palaisien : pour l’unique fois de l’année, les habitants de la cité hurepoise devanceront par leur piété filiale les phantasmes fleuris de leur maire. Qui ne sait en effet que le cheval de bataille de Grégoire de Lasteyrie (GDL) tient tout entier dans le slogan « Palaiseau, ville fleurie » ? Les panneaux qui le portent s’affichent, énigmatiques, aux quatre coins de la ville.

On connaît les ruses de la parole inversée propre au monde spectaculaire qui est le nôtre : si agresser un pays souverain puis mettre à bas son État pour le livrer au chaos revient à le « libérer »[1], que sera une « ville fleurie » sinon une cité défunte jonchée de cadavres ? Est-ce alors pour célébrer un prochain enterrement collectif que GDL constelle la ville de bacs à fleurs, en été comme en hiver, au printemps comme à l’automne, à même les parterres ou perchés au sommet des lampadaires ? L’inquiétant symbolisme funéraire de ces couronnes florales invite à se demander quelle campagne militaire se trame, contre quels ennemis, pour quelles hécatombes…  

*

L’ennemi c’est vous. Vous et votre lieu de vie, vos arbres, votre quartier, l’air que vous respirez. Vous, le Palaisien de jadis, celui de naguère ou d’hier et encore un peu d’aujourd’hui. Vous aux opinions bien tranchées, ni de gauche ni de droite, de gauche et de droite, de gauche ou de droite, réelles ou fantasmées, sérieuses ou dilettantes. Vous prolétaire ou petit bourgeois de la grande couronne en voie de prolétarisation, mais aussi héritier du grand bourgeois des temps jadis ou encore hobereau déclassé. Vous jeune et fringuant, la quarantaine en crise ou la cinquantaine assagie, la soixantaine active ou la centaine verte au point d’en remontrer au jeunisme débilitant qui fait que tout gouvernant considère son administré comme un enfant. Fumeur de pipe ou de cannabis, amateur de viande rouge ou mangeur de graines, bouffeur de curé ou pieu mystique, zélateur de l’écriture inclusive ou défenseur de l’Académie française, dopé à la réseautique sociale ou technophobe, flic ou voyou. Vous êtes tous, par-delà vos différences qui prédisposent à vous inscrire à distance les uns des autres sur une vaste étendue du champ politique et social, dans la ligne de mire du maire et désormais président de la Communauté d’agglomération Paris-Saclay (CPS).

En bras masqué de la macronie jactante et rampante, GDL vous embrasse d’un seul regard pour mieux vous prendre comme cible de son nouveau pistolet mondialisateur : le Grand Paris. Incomparablement plus puissante que l’ancien Famas, cette arme de destruction massive a troqué la balle de 5,56 mm et le tir en rafale contre l’ampoule bactériologique. Projetée à longue distance sur une vaste étendue, l’ampoule se brise et répand partout le virus morbide de la densification urbaine, pour ne laisser qu’un champ de béton bistre, dans lequel une minorité de cadres boboïsés, connectés à la 5 G et gavés de fruits bio, férus de salles de gym et de trottinettes à moteur, seront logistiquement assistés par les bataillons d’un lumpen prolétariat arraché aux quatre parties du monde par l’appât d’un gain inexistant, pour un salaire de misère et des conditions de vie qui n’auraient pas fait rougir Rastapopoulos et sa bande de marchands d’esclaves[2].

Est-ce toutefois bien pour fêter les cadavres de sa bataille urbaine – le vieux bâti palaisien, des vies de quartiers à taille humaine, la mémoire d’une citée habitée par des autochtones et les autochtones eux-mêmes, déjà pour partie condamnés à l’exil foncier – que GDL et ses « Paris boys » installent des bacs à fleurs ? Ces jardinières sans lendemain de 50 cm, qu’il faut changer régulièrement à grands renforts de subsides puisés dans les caisses de votre commune, n’ont-elle pas plutôt pour fonction de glorifier les grues de 50 m qui ravagent le centre-ville de Palaiseau comme le Plateau de Saclay ? Quoi en effet de plus jouissif et festif aux colporteurs du néant que de remplacer le séculaire, l’enraciné et l’ordonné – une bâtisse centenaire dans son jus, une dizaine de vieux tilleuls, un quartier historique – par un espace foutoir ravagé par l’architecture contemporaine[3], ou par le « végétalisé » du capitalisme sous drapeau vert, ou encore par cet accélérateur de particules élémentaires que sont les flux ininterrompus de néo-habitants, indifférents à l’esprit des lieux qu’ils devront bien, en toute innocence, fouler aux pieds …  

**  

Cette politique d’agression de l’édile parisien contre la cité palaisienne, nous l’avons relatée dans un petit livre que vous pourrez vous procurer si vous souhaitez connaître, ou simplement vous rappeler, le détail d’une affaire qui en est symptomatique à tous égards[3] : la destruction de l’école Jules Ferry et du poumon arboricole du quartier de la Bourbillière.

Rappelons brièvement les faits. Des habitants du quartier de la Bourbillière suivis par un certain nombre de Palaisiens et de citoyens de villes voisines et dépendantes de la CPS se sont mobilisés de toutes les manières possibles pour empêcher le projet d’implanter le nouveau conservatoire de musique sur le site de l’ancienne école Jules Ferry. L’exposé des arguments opposables dans moult courriers, l’organisation d’une manifestation, le dépôt de plusieurs recours juridiques contre un permis de construire frelaté, l’interpellation de la presse, des autorités – élus de la municipalité, de la CPS, du Préfet, du sous-Préfet, de conseillers régionaux, de l’inspection du travail –, le dépôt de plusieurs plaintes contre les innombrables illégalités du chantier auprès de la police nationale, en somme tout ce qui peut se faire de légal et pacifique fut tenté pour enrayer la machine folle de ce projet imbécile, né du cerveau électoral et pressé d’un édile municipal en campagne vérolée. Mais à virus, virus et demi. Une fois la première vague de peur gouvernementale évaporée et le confinement levé, la réponse de l’édile et de ses alliés fut tour à tour le silence, le déni, l’envoi de plusieurs agents des renseignements généraux, le grognement des molosses du maître-chien puis une intervention de la Brigade anti-Criminalité pour escorter les tronçonneuses, avant de dépêcher les tractopelles et finir par des rodéos urbains, imposés aux riverains à coups de déviations forcées. Le tout au mépris de la décence, de la raison et du droit.

En attendant le jugement du Tribunal de Versailles qui ordonnera, peut-être, la remise en l’état du site, une grue s’affaire à creuser comme jadis les Shadock pompaient, baladant des tonnes de terre d’un bout à l’autre du chantier : après la coupe sauvage des 13 tilleuls et maintenant l’évidement du coteau qu’ils drainaient à grands renforts de nuisances sonores et vibratoires, ce sera bientôt la coulée d’une rivière de béton. Imperméabilisant une surface jadis absorbante, elle transformera le quartier en une éponge artificielle, gorgée des eaux de ruissellement qui ne trouveront plus à s’infiltrer in situ. Viendra finalement le calvaire des usagers du conservatoire lorsqu’ils découvriront qu’on les a parqués sur un site trop étroit, en les dressant de surcroît contre les riverains et les usagers de la départementale D117. Pour nos édiles dopés à l’énergie délétère du Positive thingking, carburant américain de l’éternel imbécile heureux, aucune de ces nuisances ne saurait être prise en compte dès lors qu’une photo souriante rassemblera, le jour de l’inauguration, l’équipe municipale au grand complet. Pour le reste, après moi le déluge…  

***  

À chacun des épisodes de ce feuilleton saisonnier, nous dressions l’inventaire des avanies que le maire et ses alliés faisaient subir à la logique élémentaire, pour en tirer une leçon qui est celle de la décomposition de la vie politique, locale comme nationale[4]. Ce qu’enseigne alors cette leçon – et qui n’a certes rien d’une découverte mais concevoir une situation est une chose, la vivre en est une autre – c’est que la France de nos grands-parents ne tient plus en l’air. Sur les ruines de ce passé aujourd’hui décomposé, dans lequel le bon sens et la décence constituaient encore le socle commun de la société, ne poussent que les ronces et les orties. Encore faisait-on jadis de la soupe aux orties. Mais quel Orokaïva, du nom de cette tribu anthropophage de Papouasie, voudrait manger du Lasteyrie ? Un monde se meure, un autre naît, qui n’a pour l’heure rien de réjouissant. Mais comme le rappelait Jean (Robert Dalban) à Fernand (Lino Ventura) : « Quand ça change, ça change… Faux jamais se laisser démonter ! ».  

Les Amis de la Bourbillière

[1] « Liberté irakienne » (Operation Iraqi Freedom) fut le nom de l’opération militaire états-unienne en Irak, en mars 2003.

[2] Hergé, Cock en stock, Castermann, 1958.

[3] Augustin Berque, Descendre des étoiles, monter de la terre : la trajection de l’architecture, Bastia, Aux éditions éoliennes, 2019.

[4] Association des Amis de la Bourbillière, Leçon de décomposition palaisienne. Écrits contre le projet de construction d’un nouveau conservatoire à Rayonnement Intercommunal sur le site de l’ancienne école Jules Ferry, Collection Les 13 tilleuls semper virens, octobre 2020, 126 p. Vous pouvez obtenir un bon de commande en écrivant à recueil.aalb@gmail.com.


Riverains de la Bourbillière

Leçon de décomposition palaisienne : bon de commande

2020-10-08 15:00:02

Bon de commande

Amis de la Bourbillière, signataires de notre pétition, lecteurs ou électeurs, habitant Palaiseau ou ailleurs, citoyens de France comme de Navarre …  

Depuis la création de notre association, notre combat contre l’implantation du nouveau conservatoire de musique sur le site de l’ancienne école Jules Ferry nous a conduit à diffuser une trentaine de communiqués de presse qui démontrent l’absurdité de ce projet, mais aussi l’incohérence et la brutalité des réactions du Maire de Palaiseau face aux arguments rationnels qu’il s’est vu opposer.  

Un certain nombre de lecteurs ont apprécié ces textes, et c’est à leur demande que nous avons décidé de les réunir en un petit livre. Sa vocation est triple : témoin de notre combat, il relate les péripéties du quartier de la Bourbillière confronté à l’arbitraire municipal ; rédigé dans la tradition pamphlétaire française, il manie rire et dérision pour le plaisir d’une lecture récréative ; vendu à prix semi-libre, il permettra nous l’espérons de financer une partie des frais d’avocat de notre association.  

Afin d’évaluer au plus près le nombre d’exemplaires à imprimer, nous ouvrons les commandes à l’avance. C’est d’ailleurs le moment de penser à garnir votre bibliothèque personnelle, et pourquoi pas celle de vos proches, alors que s’annonce le temps des festivités de fin d’année : après la fête des morts, durant laquelle il faudra bien saluer les mânes des 13 tilleuls tronçonnés par le Maire de Palaiseau, viendra en effet le solstice d’hiver, puis la noël et les retrouvailles familiales, tandis que la nuit cédera progressivement du terrain au jour, dans l’attente du printemps.  

Le livre est vendu au prix coûtant de 10 euros mais vous pouvez choisir de nous aider en versant une somme supérieure à ce prix. Il peut vous être envoyé par la poste en y ajoutant les frais de port.  

Leçon de décomposition palaisienne. Écrits contre le projet de construction d’un nouveau Conservatoire à Rayonnement Intercommunal sur le site de l’ancienne école Jules Ferry. Livre broché, 15 x 21 cm, 126 p.  

10 € minimum + frais de port (1 ex. = 5 € ; 2 ex. = 8 € ; 3 ex. = 10 € ; 4 à 15 ex. = 12 €).

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Nom et prénom : _______________________________________________________ 

Adresse :  _____________________________________________________________                  

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Les commandes sont à adresser  :

- par courrier accompagné du chèque correspondant à : Association des Amis de La Bourbillière,  7 rue de l’abbé Lambert, 91120 Palaiseau.

- par courriel (recueil.aalb@gmail.com) accompagné d’un virement bancaire : en écrivant le détail de votre commande dans votre courriel (nom et adresse de livraison, nombre de livres, montant du virement effectué) et en nous faisant parvenir le virement correspondant sur notre compte (sans oublier de bien préciser votre nom dans le libellé du virement).

Vous trouverez le RIB de notre compte sur le site de l'AALB:

https://palaiseau-en-peril.monsite-orange.fr/index.html

 

 

 


Riverains de la Bourbillière

Bulletin de presse estival de l'AALB n°3

2020-07-31 14:49:43

Bulletin de presse estival de l’Association des Amis de la Bourbillière n° 3   Vendredi 31 juillet 2020    

Avis au lecteur  

Éparpillés par monts et par vaux, les Amis de la Bourbillière reviendront pour les vendanges, car il faudra bien tirer le vin. En attendant, ils ont mandaté quelques plumes pour veiller au grain.  

Sommaire  

1. Chronique sèche du chantier du C.R.I. 

2. L’incompétence du Maire de Palaiseau précède-t-elle sa conscience ?

3. Tout ça pour ça ! Esthétique en toc et gabegie financière

4. Le mot du Dr. No : recommandations cosmosomatiques de l’été

5. Le recours des Lettres : Céline contre le Grand Paris    

 

1. Chronique sèche

du chantier du Conservatoire à Rayonnement Intercommunal  

 

* Vendredi 24 juillet, 6 h 45 : nouveau démarrage du chantier à 6 h 45, toujours avant l’heure réglementaire (8 h), toujours sans aucune dérogation du Maire. Plusieurs riverains téléphonent au Commissariat de police de Palaiseau pour demander de venir constater l’infraction, mais aucune patrouille n’étant libre, l’infraction n’est pas constatée. Consultée un peu plus tard, la Police municipale, qui déclare son impuissance à agir en dehors des heures ouvrables, s’engage à en référer à sa hiérarchie – la Mairie – mais croit utile de préciser aux riverains que le chantier du Conservatoire à Rayonnement Intercommunal « est un sujet sensible ». Plusieurs plaintes pour tapage nocturne et mise en danger de la personne sont finalement déposées au Commissariat de Palaiseau, dans la matinée, par des riverains excédés. La police nationale, au courant de la situation, compatit au sort des riverains, et ces derniers en concluent, à tort ou à raison, que l’incurie municipale règne à Palaiseau.    

Dans l’après-midi : les ouvriers du chantier du C.R.I. installent finalement une palissade de protection le long du mur mitoyen avec la rue Michelet, et qui donne directement sur les maisons des riverains. Tout arrive pensera-t-on, même si l’on peut s’interroger sur la logique du pire qui est à l’œuvre ici : attendre que l’incident advienne (un jardin constellé de moellons de pierres en début de semaine) pour agir à contretemps ; on remarque encore qu’à la différence de ce à quoi s’était engagé le chef de chantier, la palissade ne protège pas le mur latéral du jardin du riverain qui avait reçu les moellons. D’autres font encore remarquer que, curieusement, la palissade installée est légèrement moins haute que le grillage d’origine, si bien qu’on est droit de se demander si la fonction de la palissade n’est pas de compter les gravats qui lui passeront par-dessus pour atterrir dans le jardin des riverains mitoyens du chantier.  

* Dimanche 26 juillet : dans le quartier Camille Claudel se tient, Place des Causeuses, une deuxième « Assemblée populaire, écologique et sociale » où se rendent divers collectifs et associations pour lutter contre la bétonisation de la région et tout particulièrement contre l’urbanisation du Plateau de Saclay, son « cluster » scientifique et la ligne 18. Le Collectif des 13 tilleuls est présent.  

* Lundi 27 juillet : le chantier démarre comme chaque jour avant l’heure réglementaire, vers 7 h 40, avec le bruit d’une petite tractopelle à peine visible car elle travaille à l’intérieur de l’un des bâtiments de l’ancienne école Jules Ferry ; à 7 h 55, le tractopelle orange Hitachi se met en route.  

En fin de matinée, un agent des services techniques souhaite rencontrer un riverain qui a porté plainte vendredi dernier contre la Communauté Paris-Saclay pour mise en danger de la personne suite à la projection de moellons dans son jardin. Il ne dit pas sa motivation mais rendez-vous est pris pour le mercredi matin.  

En fin de journée, les panneaux de signalisation que l’élu Gilles CORDIER s’était engagé à faire installer après une visite sur les lieux le jeudi 23 juillet en fin de matinée ne sont toujours pas en place.  

* Mardi 28 juillet, 7 h 45 : nouveau démarrage du chantier avant l’heure légale (8 h). Un groupe d’ouvriers s’affaire sur la tractopelle orange Hitachi, visiblement pour la remplir de carburant. Peu de temps après le moteur démarre.  

* Mercredi 29 juillet, 8 h 30 : deux personnes des services techniques viennent interroger un riverain sur les nuisances du chantier du C.R.I. La plainte déposée par ce riverain pour mise en danger de la personne serait-elle parvenue à bousculer l’agenda municipal ? Quoi qu’il en soit un changement de ton est à noter depuis la dernière visite en date, au mois d’octobre 2019, lorsque l’élu Jean-Yves SIRE s’invitait au domicile de plusieurs riverains pour les décourager de s’opposer au C.R.I., allant même jusqu’à les menacer de livrer le site de l’école Jules Ferry aux entrepreneurs pour y construire une barre d’immeuble.  

Vers midi : tout arrive ! À l’entrée de la rue Michelet, le service de la voirie vient installer deux panneaux de ‘sens interdit sauf riverains’ supplémentaires, qu’un aveugle aurait du mal à manquer. Reste bien sûr à poser les panneaux d’interdiction de tourner à droite, rue Édouard Branly, et de tourner à gauche, avenue de Stalingrad, sans quoi les voitures continueront de se rendre jusqu’aux panneaux de sens interdit avant de s’apercevoir que la rue leur est interdite, et de reculer en plein carrefour, au risque de créer l’accident… qui ne pourra donc plus avoir lieu rue Michelet, mais en amont, au croisement qui y mène… à chaque jour suffit sa peine !  

* Jeudi 30 juillet, 7 h 55 : nouveau démarrage du chantier (peu de temps) avant l’heure légale, sans doute pour que personne ne puisse dire que les choses auront été faites au moins une fois dans les règles. Dans la journée, la tractopelle casse des blocs de béton armé à coups de godet, la violence des chocs faisant vibrer la vaisselle dans les maisons mitoyennes.    

 

2. L’incompétence du Maire de Palaiseau précède-t-elle son existence ?  

On sait qu’en droit l’incompétence désigne l’inaptitude d’une autorité publique à accomplir un acte juridique. C’est assurément ce dont a fait montre le Maire de Palaiseau en soumettant au vote, lors du Conseil municipal du 20 juin dernier, le fait de signer une convention pour mettre le site de l’école Jules Ferry à la disposition de la Communauté Paris-Saclay (CPS) afin qu’elle cette dernière y effectue, en toute légalité, les travaux du nouveau Conservatoire à Rayonnement Intercommunal (C.R.I.), preuve qu’ils avaient démarré illégalement au mois de juin. Les élus ont ainsi voté à la majorité le fait d’acter une convention rendue de facto caduque puisqu’autorisant la ratification d’un acte établi antérieurement à sa signature. À parler droit, Grégoire de LASTEYRIE était et reste incompétent à signer cet acte, sauf bien sûr à maquiller une violation de la loi par une autre, ce qui, selon les circonstances, peut s’appeler faux en écriture ou « régularisation » : Elastica lex, sed lex.  

C’est moins cette incompétence-là qui intéresse ici que celle qui désigne, au sens commun du mot, le manque de compétence dont fait preuve une personne dans l’exercice de ses fonctions. En effet, parmi les trois reproches adressés par le Collectif des 13 tilleuls au Maire de Palaiseau Grégoire de LASTEYRIE à l’occasion d’une courte harangue prononcée en ouverture du dernier Conseil municipal – autoritarisme, illégalité, incompétence –, il est significatif que c’est à celui d’incompétence que GDL se soit senti obligé de répondre.  

La compétence est comme on le sait une des notions centrales de l’expertocratie qui, dans ce monde dirigé par les techniques managériales issues de l’entreprise, organise la vie de la cité[1].

Dans un tel système, l’autoritarisme ne fait pas peur, le viol de la loi est récurrent, mais se voir accusé d’incompétence est peut-être la pire offense qui puisse être proférée. Tandis que le niveau d’étude réel sanctionné par les diplômes et les concours nationaux s’est peu à peu affaissé depuis les années 1960, alors même que, décennie après décennie, les petites comme les grandes écoles mettent sur le marché du travail de jeunes adultes de moins en moins capables dans leurs métiers parce que de moins en moins instruits (au sens que les hussards noirs de la République donnaient à ce mot lorsqu’il existait encore un ministère de l’Instruction Publique), alors même que les véritables métiers requérant des aptitudes précises disparaissent les uns après les autres au profit de « boulots de merde » (bullshit jobs), et que, dans le monde des élites, le dépassement de la courbe de Peters semble être devenu la règle, chacun s’abrite en effet derrière sa petite « compétence » spécifique. Compétent dans mon domaine, je ne saurais être tenu responsable de la défaillance d’autrui dont le domaine de compétence n’est pas le mien.  

Si bien que, dans ce monde de l’irresponsabilité organisée (cf. CP AALB n°23) où le domaine de compétence de chacun se réduit à mesure qu’il se spécialise, l’incompétence collective s’appuie sur une somme de compétences individuelles, plus ou moins réelles. Réelles ou imaginaires, ces compétences sont dans tous les cas sanctionnées par des études, des diplômes, des rapports de stages, des titres et des fonctions de plus en plus vides de sens mais censés camper l’autorité d’une parole – par exemple celle d’un architecte ou d’un responsable du département ‘Patrimoine et Construction’ d’une communauté d’agglomération – et surtout, surtout, par des rapports de cabinets d’experts – car en effet comment tournerait la terre sans cabinets, fussent-ils d’experts ? Moyennant quoi les assurances sont rassurées et les catastrophes peuvent s’enchaîner sans souci du lendemain.  

Telle fut, en substance, la teneur implicite de la réponse de GDL au Collectif des 13 tilleuls. Ergo la délivrance du permis de construire pour la construction du C.R.I. s’est appuyée sur les compétences cumulées ainsi que sur l’expertise de toute une équipe municipale, laquelle ne saurait être tenue pour incompétente puisque réunissant une somme de compétences individuelles diverses et variées ; si par extraordinaire ladite somme s’avérerait défaillante, ce qui est justement le cas, GDL ne saurait en être tenu pour responsable quand bien même il est celui qui a décidé que le projet se fasse de cette manière et en cet endroit inadaptés, et quand bien même il a signé, sur la base d’une étude technique ficelée avec des pieds, un permis de construire frelaté. Du moins était-ce ce que l’on pouvait comprendre alors qu’il désignait malicieusement du doigt son équipe de ‘compétents’ pour mieux circonscrire la chaîne d’incompétence et par là-même s’en désolidariser. Où l’on voit que la vertu de courage progresse depuis le XVIIe siècle : du Capitaine au long cours coulant avec son navire après avoir évacué son équipage au fameux « responsable mais pas coupable » du début des années 1990, nous en sommes aujourd’hui rendus au « même pas responsable ».  

Si ce n’est donc celles de son équipe qu’il se prépare à désavouer en cas de coup dur, de quelles compétences particulières GDL se prévaut-il ? Celles d’un professionnel dont la politique est le métier. C’est à peu de choses près ce qu’il répondit lorsque fut abordé, au cours de ce même conseil, le vote de ses indemnités de représentations (près de 4000 euros annuels) alors même que son triple salaire, près de 12.000 euros découlant de son cumul de mandats (Maire, Conseiller régional délégué aux nouvelles mobilités, et Président de la Communauté Paris-Saclay), dépasse déjà le plafond des quelques 8000 euros prescrits par la loi et font l’objet d’un écrêtement. Balayant d’un revers de main la suggestion de ne pas abonder ses frais de représentation, GDL s’est alors auto-justifié par la nécessité d’une rémunération proportionnée à sa compétence professionnelle.  

Depuis Le professionnel incarné par Jean-Paul Belmondo dans sa période Audiard, on sait pourtant que le label suggère la possession de quelques talents. Pour l’administration de la chose publique, on sait encore, d’après l’un des meilleurs spécialistes de la question[2], que le talent d’un homme exerçant un pouvoir représentatif consiste d’abord à décider, nonobstant les avis de tous les experts de la Création, de ce qui est juste et bon pour les habitants de la communauté par lui représentée, puis à assumer publiquement sa décision souveraine.  

En personnage typiquement impolitique, en manager néo-libéral du nouveau monde, GDL s’est essuyé les pieds sur l’intérêt général en commençant par choisir celle des options qui satisfaisait son calendrier électoral en même temps que le groupe de pression le plus actif du moment – l’Association Arpège – avant que de maquiller cet arbitrage tendancieux par une série d’expertises ou de compétences techniques « axiologiquement neutre », comme on dit chez les licenciés en sociologie. La chaîne d’incompétence ainsi constituée et placée en orbite, la sagesse des nations –incarnée en l’espèce par le grand Audiard – nous prévient que ces maillons n’ont pas fini de tourner…  

Et c’est alors très certainement par instinct de conservation que GDL pousse la logique impolitique à son terme, dès lors qu’il craint d’assumer son choix, en se défaussant sur tout ce qu’il peut : Arpège (la fameuse concertation), son équipe municipale en charge du dossier, les experts extérieurs. En politique, ne pas assumer l’acte souverain est non seulement une faute, mais aussi le comble de l’incompétence.    

[1] Grégoire Chamayou, La société ingouvernable. Une généalogie du libéralisme autoritaire, Paris, La fabrique, 2018.

[2] Carl Schmitt, La notion de politique. Thérorie du partisan, Paris, Champs classiques, 1992.

 

3. Tout ça pour ça ? Esthétique du toc et gabegie financière  

15 millions 500 mille euros ! C’est le dernier état de l’ardoise que les habitants de la Communauté Paris-Saclay (CPS) devront débourser pour que le Maire de Palaiseau Grégoire de LASTEYRIE réalise son phantasme de bâtisseur, à l’orée de son second mandat.  

Le nouveau Conservatoire à Rayonnement Intercommunal (C.R.I.), dont l’implantation sur le site de l’ancienne école Jules Ferry aura pour conséquence de déstructurer, au point de le rendre méconnaissable, l’un des quartiers historiques de Palaiseau, se révèle de plus en plus comme le gouffre financier qu’il promettait de devenir à la seconde où GDL décida, en son âme et conscience électoraliste, d’apposer son paraphe sur le permis de construire.  

Des 13 millions initiaux la facture vient en effet de se porter à 15 millions 500 mille, soit 2 millions 500 mille euros de plus (cf. le panneau de construction affiché sur le site du chantier depuis peu). Une paille, qui n’est certainement qu’une étape parmi d’autres dépassements à venir. Ces dépassements sont en effet rendus nécessaires par le choix imbécile du lieu : à partir du moment où le Maire de Palaiseau a retenu ce site inadapté, la boîte de pandore des rallonges budgétaires promettait d’être en effet grande ouverte.  

L’exiguïté du site et l’absence de place pour y garer les véhicules des usagers en nombre suffisant, en violation du P.L.U. bien entendu, rendent tout d’abord nécessaire l’aménagement de l’avenue de Stalingrad, le rétrécissement de sa voie, à terme sans doute la construction d’un rond-point au carrefour de l’éléphant, qui a son tour nécessitera d’exproprier les deux garages mitoyens pour trouver la place de construire le dit rond-point, et permettre ainsi que les usagers empruntant la D117 dans le sens Champlan-Massy puissent tourner à gauche et revenir déposer ou récupérer les jeunes mélomanes au nouveau conservatoire.  

Mais il est un autre tonneau des danaïdes qui tient cette fois à l’acharnement des concepteurs du projet à conserver quelques-unes des façades du charmant petit ensemble Art-Déco que constitue l’école Jules Ferry.  

Avant de revenir sur les raisons de cet acharnement, déroutantes pour l’honnête homme taraudé par le désir de comprendre, il faut en effet souligner le coût pharaonique d’une telle opération. Plutôt que de mettre par terre les bâtiments existants en une semaine et quelques coups de pelleteuses, l’entreprise est contrainte à des exploits forts dispendieux : c’est un bal incessant de tractopelles, grande, moyenne, et petite, de marteaux-piqueurs, de camions-bennes et de lances à béton, pour tour à tour casser en gros ou au détail, étayer les façades par force planches et billes de bois, projeter du béton par petits tronçons sous des murs existants pour les consolider, tout en détruisant tout ce qui en dépasse, creuser ici, mais pas là, renforcer par endroits, etc. Nous n’avons pas accès à la comptabilité de ces frappes chirurgicales mais l’on peut facilement imaginer le surcoût d’une telle opération.  

Tout ça pour quoi ? Sur la foi des plans du futur C.R.I. contenant comme il se doit une simulation du rien auquel ressembleront les nouveaux bâtiments, l’on avoue ne pas bien saisir la rationalité d’un tel surcoût. À quoi bon conserver une jolie façade minuscule lorsqu’elle sera noyée dans la pire des architectures contemporaines ?  

C’est là en réalité le cœur idéologique de l’architecture insolente sur laquelle repose tout le projet du C.R.I., et qui, prétendant à l’alliance de la carpe et du lapin, célébrant le mariage forcé de « patrimoine et modernité »[3], s’emploie assez bien à détruire « les trois valeurs humaines de base (le Bien, le Beau et le Vrai) »[4].  

Pour être autorisé à massacrer de la sorte un ensemble appartenant au patrimoine historique palaisien, il a bien évidemment fallu que les concepteurs du projet puissent revendiquer le fait de le conserver aux yeux des diverses tutelles administratives. D’où la façade. Quand la guerre, c’ est la paix, massacrer en profondeur se dit conserver une façade.    

[3] « Vers un nouveau conservatoire. Allier patrimoine et modernité », Palaiseau mag’, n°230, novembre 2018, p. 24.

[4] Augustin Berque, Descendre des étoiles, monter de la Terre. La trajection de l’architecture, Bastia, Aux éditions éoliennes, p. 34.

 

4. Le mot du Dr No : recommandations cosmosomatiques de l’été  

Héritier en même temps que l’un des refondateurs d’une tradition orientaliste sensible à la sagesse autant qu’à la poésie de l’Orient, moyen comme extrême, le Dr No s’attache à montrer les voies possibles d’une lutte contre la décosmisation du monde, par quoi il faut entendre la perte des repères qui faisaient, naguère, aller ensemble les êtres et les choses d’un même milieu. Et quand il ne lutte pas, plume en main, contre les « êtres-vers-la-mort » auxquels s’apparente indubitablement l’actuel Maire de Palaiseau, il lui arrive de composer de petits poèmes japonais appelés haïku, faits de trois vers de 5, 7 et 5 pieds. Mais à l’approche d’un nouveau départ estival et compte tenu des contextes sanitaires ambiants, il a préféré revenir à la forme plus classique du quintain, et de l’alexandrin dodécapode, pour enjoindre nos lecteurs à se parer des vertus de la prudence.  

« Que la tongue* estivale évite le covid  

Respectant, nonobstant le projet c.r.i.,  

La distanci-ation physique, dont l'épid-  

Émie aura du mal à vaincre la barri-  

Ère, et par conséquent finira par un bide.  

( إِنْ شَاءَ ٱللَّٰهُ )** »  

* Sorte de chaussure d'été, ici entendue par métonymie au sens de : quand on va se promener, quand on sort.

**Inch'Allah, i. e. « s'il plaît à Dieu », en arabe.    

 

5. Le recours aux Lettres : Céline contre le Grand Paris

(et les professionnels de la politique)  

Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline (1894-1961), que les spécialistes de littérature française considèrent comme l’un des plus grands écrivains du XXe siècle, avant, juste après, ou à côté de Marcel Proust, est sans doute le plus controversé des auteurs français : quand il inspire aux uns une admiration sans borne, il suscite chez les autres une répulsion tenace. Il est dans tous les cas « un monstre sacré » de la littérature (Alexandre Vialatte). Époustouflant styliste puisant à tous les registres de la langue française (l’argotique, la populaire, la familière, l’académique, l’aristocratique, la guindée), il offre le spectacle de la comédie humaine porté au suprême degré. Quelques citations de l’écrivain rappellent que Palaiseau est une scène comme une autre de cette éternelle comédie (David Alliot, Louis-Ferdinand Céline en verve. Mots, propos, aphorismes, Paris, Horsay, 2001, p. 25, 93).  

« Pauvre banlieue parisienne, paillasson devant la ville où chacun s’essuie les pieds, crache un bon coup, passe, qui songe à elle ? Personne. Abrutie d’usines, gavées d’épandages, dépecée, en loques, ce n’est plus qu’une terre sans âme, un camp de travail maudit, où le sourire est inutile, la peine perdue, terne la souffrance, Paris ‘le cœur de la France’, quelle chanson ! quelle publicité ! La banlieue tout autour qui crève ! Calvaire à plat permanent, de faim, de travail, et sous les bombes, qui s’en soucie ? Personne, bien sûr. Elle est vilaine et voilà tout. » (Préface à Bezons à travers les âges).  

« Retenez que la politique est une immonde charognerie et que seules les charognes peuvent en prospérer » (Lettre à Charles Deshayes).  

« J’ai jamais micronisé, macronisé dans les meetings… Moi j’ai jamais voté de ma vie… J’ai toujours su et compris que les cons sont la majorité, que c’est donc bien forcé qu’ils gagnent ! » (Le Bulletin célinien n° 398, juillet-août 2017).

 

   

 

 


Riverains de la Bourbillière

Bulletin de presse estival de l'AALB n°2

2020-07-24 13:01:53

 Bulletin de presse estival de l’Association des Amis de la Bourbillière n° 2

  Vendredi 24 juillet 2020    

Avis au lecteur  

Éparpillés par monts et par vaux, les Amis de la Bourbillière reviendront pour les vendanges, car il faudra bien tirer le vin. En attendant, ils ont mandaté quelques plumes pour veiller au grain.  

Sommaire  

1. Chronique sèche du chantier du C.R.I.

2. Concorde ou guerre civile ?

3. Les bois sacrés et la musique primordiale des Lasteyrie du Saillant

4. Le mot du Dr. No : haïku nippo-palaisien

5. Le recours aux Lettres : Léon Bloy s’en prend aux hommes de poids (1913)    

 

1. Chronique sèche

du chantier du Conservatoire à Rayonnement Intercommunal    

* Vendredi 17 juillet. 7 h : nouvelle irrégularité avec un démarrage du chantier à 7 h, avant l’heure réglementaire (8 h, cf. l’art. VII de l’arrêté du 17 mai 2011, ARR-HYG-2011-05-394), et toujours sans aucune dérogation signée de la main du Maire, comme l’y oblige cet arrêté ; une tractopelle orange Hitachi et deux camion-bennes font vrombir leur moteur sans discontinuer.  

15 h : au point de vue matériel, le bilan provisoire de la déviation de l’avenue Stalingrad consécutive aux travaux d’enfouissement du réseau aérien (nécessaire dans le cadre du chantier du C.R.I.) est pour l’heure de 4 rétroviseurs cassés. Pour inciter les voitures à ralentir lorsqu’elles s’engouffrent en trombe dans la rue Michelet où la vitesse est limitée à 20 km/h et la priorité donnée aux piétons, des riverains disposent des poubelles en guise de chicanes. Les fangio de fin de semaine en sont quittes pour un rétroviseur à remplacer, et une plainte à déposer contre les services de la Mairie pour défaut d’affichage – le panneau actuel étant à peine visible.  

* Samedi 18 juillet : le bilan des rétroviseurs cassés se monte à 6, deux fangio nocturnes ayant tâté de la poubelle. Devant la rapidité fulgurante des services de la voierie, les riverains sont contraints de bomber le bitume d’énormes « 20 km/h », de même que les poubelles qui servent à canaliser les ardeurs automobiles. Le choix était en effet cornélien : risquer qu’un enfant de la rue Michelet se retrouve aux urgences, ou attendre que la Mairie prenne une décision. La police municipale dépêchée sur les lieux trouve utile de menacer les riverains de les verbaliser s’ils ne rangent pas leurs poubelles ou s’ils ne garent pas correctement leur voiture. On voit le mal où on peut.  

* Dimanche 19 juillet : Gilles CORDIER, élu de la Mairie de Palaiseau et Conseiller délégué au stationnement, à la circulation et aux commerces, et par conséquent comptable de l’anarchie ambiante consécutive à la déviation de l’avenue de Stalingrad (D 117), écrit cette énormité croquignolette sur un compte facebook largement pratiqué par les Palaisiens : « la Mairie a tout mis en œuvre pour garder la tranquillité et sécuriser les riverains durant les travaux du chantier du C.R.I ». Incompétence carabinée ou franc cynisme ? Plus simplement, on peut penser qu’il n’a jamais mis les pieds sur le chantier, et qu’il s’est fié, comme beaucoup, à la parole du Maire.  

* Lundi 20 juillet. 7 h 30 : nouvelle irrégularité ; les moteurs des camions du chantier du C.R.I. vrombissent vers 7 h 30, les tractopelles s’y joignent vers 7 h 45, à leur tour rattrapées par les marteaux-piqueurs, si bien qu’assez vite avant l’heure réglementaire la formation orchestrale du C.R.I. se trouve être au complet.  

Dans la matinée, après 5 jours de quasi guérilla urbaine entre les riverains et les voitures déviées de l’avenue de Stalingrad (D117), et des dizaines de doléances déposées en Mairie, des employés municipaux – dépêchés par Gilles CORDIER piteux d’avoir été houspillé sur facebook pour ses rodomontades ou travaillé par le souci du devoir ? – finissent par installer un panneau « sens interdit sauf riverains » à l’entrée de la rue Michelet. Comme le panneau est disposé sur un poteau existant lui-même mal positionné, il reste invisible à nombre de conducteurs, et les automobilistes non riverains continuent d’emprunter la rue en quatrième vitesse.  

En fin d’après midi, un riverain prévient que de l’eau est apparue au fond du trou creusé par les pelleteuses, à l’intérieur du chantier. Un simple petit trou de pelleteuse, peu profond, dans la partie haute de la cour du Ferry, et l’eau affleure déjà, sachant que pas une goutte de pluie n’est tombée depuis des semaines. Quand on sait que les machines devront creuser à 7 ou 8 m de profondeur pour atteindre leur but, on imagine facilement la suite du scénario. Un scénario à la manière de l’îlot Tronchet : pompes à eau jour et nuit, grue qui s’enfonce, bétonnage massif pour la stabiliser, béton qui repousse les structures avoisinantes avec son lot de fissures associées, résurgences et ruissellement accrus des eaux (qui seront bloquées par le béton du chantier) jusque dans tout le voisinage.  

* Mardi 21 juillet. 9 h : une riveraine dont la maison se situe en contrebas du chantier découvre après quelques jours d’absence que son jardin est constellé de gravats. Les palissades qui devaient protéger sa maison n’ont bien évidemment pas été installées, puisqu’aussi bien, comme l’expliquait l’expert mandaté par le Tribunal de Versailles pour surveiller la régularité des opérations du chantier : « la charrue a été mise avant les bœufs ». Comme les palissades promettent à nouveau d’être installées bientôt, on peut en déduire que les bœufs, n’ayant toujours pas raccroché l’attelage, auront sans doute été menés à l’abattoir.  

11 h 30 : plus un bruit, tout s’arrête ; sur le chantier de l’enfouissement du réseau aérien, avenue Stalingrad, une conduite de gaz vient d’être percée. Les camions de pompiers et d’ERDF arrivent rapidement. La circulation est bloquée dans les deux sens, les bouchons s’accumulent, mais la police municipale, arrivée sur place après trois quarts d’heure on ne sait d’ailleurs pas bien à quelle fin, décide de ne pas faire la circulation qui s’impose, probablement pour favoriser les rencontres interactives et citoyennes entre les voitures qui viennent de Champlan et celles qui remontent l’avenue du Général de Gaulle.  

* Mercredi 22 juillet, 7 h 05 : démarrage du chantier avant l’heure réglementaire.  

Tout au long de la journée, le défilé des bolides se poursuit malgré le panneau de sens interdit aux non-riverains. Un riverain se plaît d’ailleurs à penser que si la police municipale avait jugé utile d’installer une patrouille à la sortie de la rue Michelet pour, sait-on jamais, déterminer qui des automobilistes était réellement riverain, le montant trimestriel des contredanses municipales eût été atteint en une petite journée de travail.  

Le soir, les riverains qui rentrent du travail tentent une opération pédagogique : faire comprendre aux automobilistes qui, entre deux chicanes, accélèrent excédés, ou qui parfois, s’arrêtent pour déplacer les chicanes, que la rue leur est interdite. Les noms d’oiseau s’enchaînent et une rixe n’est pas loin d’arriver.  

* Jeudi 23 juillet, 6 h 45 : démarrage du chantier dès 6 h 45 ! Les camions-bennes débarquent et font résonner leurs moteurs dans tout le quartier. D’ordinaire, la violation de l’heure réglementaire se limite à une petite heure, mais l’on progresse chaque jour qui passe. A 7 h, la pelleteuse Hitachi tourne à plein régime. Enfants, personnes âgées retraités, fonctionnaires, salariés, soignants, artisans et petits entrepreneurs sont heureux d’habiter dans une commune où la loi est respectée. A quand le travail nocturne ?    

 

2.CONCORDE OU GUERRE CIVILE ?  

Peu avant les élections municipales, le Maire de Palaiseau Grégoire de LASTEYRIE publiait une tribune dans laquelle il suggérait que les maires de France travaillent à mettre en place la politique du gouvernement depuis l’échelon municipal, appelant notamment à s’appuyer sur les associations, lesquelles, expliquait-il, « œuvrent à la concorde et à l’entente mutuelle »[1].  

Sur le papier, le raisonnement excellait. En ces temps de crise de la représentation nationale où les membres du gouvernement ne peuvent plus s’inviter dans une localité sans une sérieuse escorte policière, quoi de plus malin que d’utiliser ce qu’il reste de corps constitués, par exemple les associations, pour « re-créer du lien » entre base et sommet ? En cette période délétère de dissolution des liens organiques où chacun se voit réduit à l’état de particule élémentaire invitée à jouer la partition du « chacun pour soi », quoi de plus habile, pour « faire société » comme il se dit à la radio, que de passer par le truchement associatif ?  

L’ennui, comme souvent avec les mots, ce sont les choses qu’ils cachent. En l’espèce, GDL raisonne comme un tambour : pour que la petite opération d’ingénierie sociale qu’il appelait de ses vœux fonctionnât à Palaiseau, il eût fallu que trois acteurs administratifs représentant trois niveaux distincts de la pyramide sociale fussent effectivement mis en relation : les membres du gouvernement et leurs oukases ministériels représentant les élites parisiennes mondialisées, les édiles palaisiens représentant les Palaisiens enracinés, et les associations palaisiennes incarnant la diversité du tissu social palaisien dans ses spécificités professionnelles, culturelles et sportives, confessionnelles, générationnelles, etc.  

Premier accroc à ce raisonnement, GDL provient du même moule à gaufres élitaires que ceux qui occupent les maroquins de la France d’en haut. Avec GDL, c’est un peu comme si les édiles parisiens s’adressaient directement aux Palaisiens sans passer par le filtre tempérant d’un édile enraciné proche de ses administrés. Ils l’ont d’ailleurs fait, Palaiseau ayant dernièrement reçu trois paires de chaussures à bout pointues de classe nationale. Quand on connaît l’habileté légendaire d’un Castaner ou d’un Blanquer dans l’art et la manière de s’adresser aux citoyens, on peut imaginer le coût d’une telle opération en termes de concorde ou d’entente mutuelle : ce furent des rues entières à barrer et des cars de gendarmes et de policiers à mobiliser pour sécuriser le déplacement palaisien de ces édiles parisiens, reçus par un de leurs.  

Deuxième accroc, GDL s’appuie moins sur le tissu associatif que sur quelques associations triées sur le volet, en fonction du bien qu’elles lui font ou de la pression qu’il peut exercer sur elles à coups de carotte – un local, une subvention – ou de bâton – adieu local, au revoir subvention. La représentativité associative qui aurait dû apporter, dans son raisonnement, une meilleure assise à l’administration municipale pour mieux relayer la parole gouvernementale en est réduite à rien, et c’est du même coup l’assise de la pyramide gouvernementale qui s’en trouve amenuisée.  

Troisième accroc, l’effet local de ce dopage représentatif – faire accroire que la parole du maire relaye celle des associations quand les associations qui ont voix au chapitre sont celles dont le maire a besoin pour donner de sa voix – est finalement d’adjoindre à la tension politique verticale gouvernants/gouvernés une tension politique horizontale entre citoyens qui habitent un même lieu : en clair, la concorde lasteyrienne mène à une guerre civile de basse intensité. Est-ce d’ailleurs en prévision du pire que GDL avait fait placer le dernier conseil municipal, ce lundi 20 juillet dernier, sous la protection d’une demi douzaine de militaires armés de FAMAS disposés en face de la salle la Mairie, dans le cadre d’un dispositif VIGIPIRATE ? Quand la guerre civile pointe le bout de son nez, le terrorisme n’est comme on le sait jamais bien loin.  

Qu’est-ce à dire ? Prenons l’exemple de l’association préférée du Maire de Palaiseau, Arpège. On connaît les liens incestueux qu’ils entretiennent depuis que le bureau d’Arpège fut placé en orbite électorale pour assurer une partie de la communication du projet de Conservatoire à Rayonnement Intercommunal (C.R.I.), projet phare de l’édile parisien qui se présentait le 15 mars dernier pour un second mandat.  

Envoyés en service commandé par le Maire pour récupérer voix et soutiens en expliquant à qui voulait le croire qu’aucun conservatoire ne se ferait sans lui, et surtout que le C.R.I. ne pouvait être implanté ailleurs que sur le site aberrant de l’école Jules Ferry, les membres du bureau d’Arpège ont dignement joué leur rôle de courroie de transmission de la propagande municipale, et bien plus encore : conscients de certaines des conséquences désastreuses de l’implantation du nouveau conservatoire en ce lieu, mais prêts à tous les compromis pour obtenir ce qu’ils attendent depuis des décennies, les membres du bureau d’Arpège ont préféré dire amen au Maire de peur qu’il ne raye le projet du C.R.I. d’un trait de plume narcissique. Seulement, le caractère destructeur du chantier de même que le caractère largement sous-dimensionné du C.R.I. et pour tout dire inadapté aux besoins des Palaisiens se révèle chaque jour davantage, aujourd’hui plus qu’hier, et hier bien moins que demain.  

Comment les membres d’Arpège pourront-ils cohabiter avec les riverains d’un quartier qu’ils auront, dans leur grande naïveté, contribué à détruire ? Comment pourront-ils s’arranger avec les dizaines de milliers d’automobilistes de l’avenue Stalingrad (D117) quand ils seront tenus pour co-responsables de cette gabegie urbaine ? Que diront-ils aux usagers du futur C.R.I. quand ces derniers viendront se plaindre de l’impossibilité de se garer, de l’exiguïté des lieux, du fait qu’ils ont contribué à saccager un des quartiers historiques de Palaiseau par faiblesse de caractère ? Est-ce alors la peur et l’effroi qui ont saisi les membres de l’Association Arpège lorsqu’ils se sont empressés de faire inscrire sur leur nouveau bulletin d’adhésion « ce site n’avait pas notre préférence a priori » ?  

Qu’est donc la concorde Lasteyrienne, sinon la guerre de tous contre tous ?  

[1] L’Opinion, 4 mars 2020 (https://www.lopinion.fr/edition/politique/solutions-politiques-demain-viendront-communes-tribune-gregoire-213456).    

 

3.Le modèle corrézien ?

Les bois sacrés et la musique primordiale des Lasteyrie du Saillant  

Ulysse, le fier rhinocéros de la Bourbillière commençait à en avoir assez de se faire pomper la vase par le petit Léviathan palaisien, et s’inquiétait de l’atmosphère débilitante dans laquelle étaient désormais plongés son quartier, ainsi que sa progéniture : 13 nymphes belles à damner dans leur peau de tilleul, assassinées ; des SDF-ailés, par centaines, dans une ambiance de plaie d’Egypte ; des automobilistes de la départementale invités à jouer aux auto-tamponneuses sur les poubelles du quartier en attendant mieux ; une éducation musicale à la pelleteuse qui risquait d’être fatale à de jeunes tympans et surtout un affaissement de la morale publique tel que même un habitué des marigots finissait par être écœuré… Le climat devenait franchement malsain, surtout pour les mioches qui de surcroît viraient dangereusement cyniques, voire même un peu pénibles. Alors qu’une enseignante dévouée, en pleine transition pédagogique et écologique, avait essayé, pendant le confinement, de leur faire lire la version numérique de L’homme qui plantait des arbres de Giono, les petits s’autorisaient à faire remarquer que dans la vraie vie celui qui gagnait c’était plutôt L’homme qui arrachait des arbres et que le poète provençal du ralentissement ne pouvait rien contre L’homme pressé de la ligne 18. Comme ça, mine de rien, une aventure comme la destruction de l’école Ferry, ça ne se contentait pas de vous mettre un quartier par terre, mais dans l’esprit des enfants ça risquait de vous écorner sérieusement la littérature qui n’était plus ce « mensonge qui dit la vérité », mais devenait juste un mensonge qui raconte d’autres mensonges. Il était décidément urgent de dépayser la marmaille : qu’elle aille vite voir ailleurs si la boue était plus fraîche, les naïades toujours aussi jolies derrière leurs cheveux fous, les sylvains encore un peu taquins et les muses accortes avec tous ceux qui savent les guider « dessus le vert tapis d’un rivage écarté »[2]. Contraints de veiller aux gravats à Palaiseau, notre pater familias, ainsi que la mater dolorosa des petits rhinocéros optèrent pour « la colonie de vacances apprenantes » proposée par le comité de leur entreprise, la Compagnie des Planteurs de Sève (CPS).  

Ce qui les avait immédiatement séduits dans ce camp de vacances, c’était l’héroïsme discret de la sentence qui en résumait le projet pédagogique : « Heureux ceux qui sont morts pour quatre coins de terre. »[3]. Il y avait dans la spectaculaire inversion entre l’ici-bas et l’au-delà proposée par ces nouvelles Béatitudes de quoi laver les petits de leur prosaïsme débutant et justifier par avance tous les combats perdus, « les grands vaincus » et les « rois dépossédés », et puis renvoyer à leur insignifiance les succès mondains de tous ces gnomes aplatis devant le présent et leurs intérêts particuliers.  

Et puis il y avait aussi le lieu où le camp se déroulerait : la Corrèze. Situé en pleine « diagonale du vide » (démographique), sans intérêt stratégique, le département accumulait les performances négatives et semblait jouir de la quiétude des marges que finissent toujours par délaisser les petits Rastignac de France, de Hollande et de Navarre, une sorte de terra incognita dans l’océan des arrivismes et du positive thinking. Il y avait enfin les travaux pratiques, une activité surtout avait retenu l’attention de nos parents inquiets, la visite du Château du SAILLANT, propriété des LASTEYRIE DU SAILLANT depuis l’an 1320. Quel émouvant sujet de méditation pour les enfants d’un Palaiseau dont édiles et notables, consentants ou impuissants, assistaient à la disparition : combien avait-il fallu aux 21 générations de LASTEYRIE DU SAILLANT de passion, peut-être même de compromission, mais assurément de fidélité pour sauver, à travers les vicissitudes politiques de l’histoire de France, « leur âtre et leur feu, Et les pauvres honneurs des maisons paternelles » ?  

Et puis les petits rhinocéros, amateurs de barrissement à leurs heures, seraient conviés au festival de musique organisé par les châtelains depuis 1981 et qui s’était étoffé à mesure que se restaurait leur parc abritant des « arbres géants » dont l’un des plus anciens Gingko Biloba de France, des tilleuls et « un lieu de promenade réputé pour son atmosphère romantique, sa fraîcheur, le silence ponctué par le chant des oiseaux, le bruissement de l’eau et du vent »[4]. C’était dans « cette ambiance idéale » que se déroulait le Festival de la Vézère amenant « chaque été, au Saillant tout ce que le monde de la musique ou du chant compte de célébrités au niveau international ». Car toute âme bien née sait l’affinité profonde qui relie la musique à la nature.  

Bien sûr Ulysse et sa Pénélope se réjouissaient de cette parenthèse enchantée pour leurs enfants, mais ils ne pouvaient s’empêcher de penser qu’à Palaiseau plus jamais le vent soufflant dans la ramure des tilleuls et le chant des oiseaux au printemps ne viendraient donner aux petits palaisiens la bucolique leçon de Marsyas[5]. Ils ne comprenaient pas l’indécente vulgarité de ceux qui semblaient ignorer qu’en sacrifiant sources, arbres et oiseaux, on sacrifiait le chant primordial à une ritournelle qui sentirait parfois la sueur, mais jamais l’inspiration.  

Ils se souvenaient aussi de cette lettre de l’association Arpège dans laquelle la rumeur publique croyait reconnaître le style de Quentin CRIGNON, le Directeur de cabinet de Grégoire de LASTEYRIE DU SAILLANT, et qui à propos de l’ensemble scolaire Art Deco que constituait l’école Jules Ferry évoquait des « bâtiments, effectivement typiques d’une époque et semblables à de très nombreux autres en France »[6]. Le propos visait de façon narquoise les ardeurs des défenseurs de l’école Jules Ferry qui savaient ce que la combinaison de ses arbres, de son architecture, de sa vue et de son histoire avait d’unique. Il avait à peu près la finesse de celui qui refuse de lire un nouveau livre pour cadeau parce qu’il en a déjà un, ou de visiter un château médiéval parce qu’il en a déjà vu un… pensez l’école Jules Ferry ne méritait pas d’être défendue car il existait d’autres spécimens de l’architecture scolaire Art Deco en France. Fermez le ban !  

On aurait pu en conclure hâtivement que les descendants des LASTEYRIE DU SAILLANT avaient droit à des racines et à une musique inspirée quand ceux du commun, fussent-ils de la petite bourgeoisie périphérique, étaient privés des unes et de l’autre. Mais nos rhinocéros en concluaient plus tragiquement qu’avait déjà commencé le temps où les potentats de la « culture », épais béotiens et rachitiques statisticiens, seraient recrutés parmi les moins habiles à détecter la singularité qui fait toute la beauté des choses. Après le tour des petites écoles de quartier, viendrait celui des châteaux s’ils s’avéraient moins rentables qu’un parc de loisir, qu’une autoroute du désenclavement ou qu’un zénith de 10 000 places. On formait en tout cas les petits Palaisiens à ne pas avoir d’état d’âme quand on en viendrait là.  

[2] Joachim Du Bellay, Les Regrets, 1558.  

[3] Charles Péguy, Eve, 1913.  

[4] https://www.parcsetjardins.fr/jardins/715-jardins-du-chateau-du-saillant et http://www.festival-vezere.com/Le-Festival  

[5] Le satyre Marsyas, divinité de la rivière du même nom, est aussi désigné comme l’inventeur de la flûte de pan, et plus généralement de la musique.  

[6] Réponse d’Arpège aux Amis de la Bourbillière, le 21octobre 2019.    

 

4.Le mot du Dr No : haïku nippo-palaisien  

Nourri de textes antiques de la Vieille Europe comme de l’Extrême-Orient[7], inspiré ici par un poème de Mallarmé (Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui ...[8]), le Dr No nous rappelle que tout phénomène, fut-il brutal et amoral, recèle en lui les ressorts d’une poétisation du monde, à l’image de cette bétonisation lasteyrienne qui s’abat sur Palaiseau comme un hiver froid.  

« Le vierge, le vivace et le beau Lasteyrie  

« Devenu président de cluster, Lasteyrie

Va-t-il nous confiner, avec son coup d’aile ivre,

Citoyens mal armés devant sa barbarie, 

Dans un Palaiseau où l'on n'aimerait plus vivre ? »  

[7] Pour mieux connaître les ressorts poétiques, géographiques et philosophiques du Dr No, on consultera avec profit les Dialogues mésologiques sur les bords de l’Yvette d’Augustin Berque (Bastia, Aux éditions éoliennes, 2017).  

[8] « Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui / Va-t-il nous déchirer avec un coup d'aile ivre / Ce lac dur oublié que hante sous le givre / Le transparent glacier des vols qui n'ont pas fui ! / (...) ».    

 

5. Le recours aux Lettres : Léon Bloy s’en prend aux hommes de poids  

Proche de l’écrivain Jules Barbey d’Aurevilly, polémiste redoutable, écrivain catholique intransigeant à faire pâlir Benoît XVI, Léon Bloy (1846-1917) pourfendait de sa plume aiguisée l’injustice, la bêtise et l’enflure là où elles montraient le bout de leur nez. Il l’a fait notamment dans son Exégèse des lieux communs dont est tiré cet extrait (Paris, Gallimard, idées, [1913] 1968, pp. 277-278).  

« IV. un homme de poids »  

« […] La première condition pour avoir droit à ce titre honorable, c’est d’être quelqu’un et surtout d’être quelque chose, sans qu’il soit indispensable d’être quelqu’un.

Un maire de village, un brigadier de gendarmerie, un garde champêtre, un instituteur sont des hommes de poids. C’est rarement le cas du curé depuis la Séparation, eût-il même des paroissiens innombrables, parce que, n’étant pas fonctionnaire, on ne peut pas dire qu’il est quelque chose, fût-il quelqu’un. Plus on est quelque chose, plus on a de poids, c’est élémentaire et à un certain degré, on démolit toutes les bascules. Les astronomes qui sont des gens d’une foi puissante ont pesé, dit-on, la planète Jupiter et même le soleil, mais qui oserait entreprendre de peser, je ne dis pas un Président de la République, mais un notaire ? Il y a aussi, je le sais bien, des femmes de poids, j’en ai rencontré, mais cela nous entraînerait trop loin, et je risquerais de paraître psychologue, ce que je ne veux à aucun prix. C’est assez de savoir qu’il y a des hommes de poids écrasant et qu’il est difficile de s’en débarrasser. Il y en a qui sont comme des dalles tumulaires sur des enterrés vivants et leurs noms ressemblent à des épitaphes. »    

 


Riverains de la Bourbillière

Bulletin de presse estival de l'AALB n°1

2020-07-17 10:41:40

Bulletin de presse estival de l’Association des Amis de la Bourbillière n° 1  

Vendredi 17 juillet 2020    

 

Avis au lecteur  

Éparpillés par monts et par vaux, les Amis de la Bourbillière reviendront pour les vendanges, car il faudra bien tirer le vin. En attendant, ils ont mandaté quelques plumes pour veiller au grain.    

 

Sommaire

1. Chronique sèche du chantier du C.R.I.

2. Elastica lex, sed lex

3. Paris partout, Palaiseau nulle part

4. Le mot du Dr. No : We are Nimby

5. Le recours aux Lettres : « Ecoute, bûcheron, arrête un peu le bras ! » (Pierre de Ronsard, 1584)    

 

1. Chronique sèche 

du chantier du Conservatoire à Rayonnement Intercommunal    

 

* Lundi 13 juillet, 7 h 05 minutes : nouvelle irrégularité avec un démarrage du chantier à 7 h 05, avant l’heure réglementaire (8 h), et sans aucun arrêté municipal à cet effet ; une tractopelle orange Hitachi et un camion-benne bleu font vrombir leur moteur sans discontinuer.  

* Mardi 14 juillet, jour de la fête nationale : les riverains de la Bourbillière apprenaient par divers bruits convergents que l’intégralité de l’opération de mise en chantier du C.R.I. est en réalité illégale ; ladite opération nécessitait en effet la signature d’une convention de mise à disposition du terrain de l’école Jules Ferry à la Communauté Paris-Saclay par la Mairie de Palaiseau, laquelle convention ne devrait être signée que lors du prochain conseil municipal, le 20 juillet.   

* Mercredi 15 juillet, 7 h 10 minutes : nouveau démarrage du chantier avant l’heure réglementaire, et toujours aucun arrêté ; une petite tractopelle se met au travail de conserve avec un camion, les moteurs vrombissent.  

* Mercredi 15 juillet, 11 h 30 minutes : ce mercredi à nouveau, vers 11 h 30, le responsable du chantier chargé de l’enfouissement des réseaux aériens sur l’avenue de Stalingrad, appartenant à l’entreprise SFRE Travaux Publics, vient installer un panneau de déviation en violation de l’arrêté municipal n°ARR-ESP-2020-07-373. Cet arrêté stipule que la déviation afférente aux travaux d’enfouissement, qui se tiendront du 15 juillet au 28 août, doit se faire, pour ce qui est du sens Massy-Champlan, « par les rues Edouard Branly et avenue du Général de Gaulle » et ceci sans qu’à aucun moment la rue Michelet ne soit mentionnée dans l’arrêté. Interrogé par des voisins, le responsable dit avoir reçu ses instructions de « la Mairie de Palaiseau », laquelle lui commandait d’installer la déviation vers la rue Michelet, a-t-il rapporté d’une voix hésitante, « pour qu’ils s’habituent » (sic !). Le résultat pratique de cette énième violation de la réglementation est que des voitures par dizaines, non coutumières de la rue Michelet, déboulent à toute vitesse sur une voie « prioritaire piétons » limitée à 20 kilomètres heures.  

* Mercredi 15 juillet, 14 h 30 minutes : ce mercredi toujours, et depuis quelque temps sans doute lorsque la chose est constatée vers 14 h 30, des ouvriers bloquent le trottoir de droite de l’avenue Stalingrad (D 117) prise dans le sens « Champlan-Massy ». Les piétons qui marchaient sur le trottoir de gauche obstrué par le chantier du C.R.I. étaient jusqu’ici obligés de traverser pour se rendre sur le trottoir de droite. Comme le trottoir de droite est maintenant lui aussi obstrué par les travaux de voirie, ils n’ont d’autre choix que de marcher sur la route, entre la palissade du chantier et les voitures qui les frôlent sans souci du lendemain.  

 

2. Elastica lex, sed lex  

 

Quelle que soit son appétence pour l’étude, tout citoyen passé par l’école communale en ressortait jusqu’il y a peu avec l’idée que nous vivions dans un État de droit, fondé sur la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et la séparation des trois pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire. On pouvait faire l’impasse sur Azincourt ou l’imparfait du subjonctif, mais les choses étaient ainsi faites qu’on ne passait guère à côté de ce mythe fondateur censé protéger la personne contre les abus de la puissance d’État en même temps qu’il promettait d’assurer une égalité de traitement entre citoyens.  

Dès sa jeunesse, le citoyen comprenait que la puissance du mythe était suffisamment forte pour qu’on prenne la peine d’organiser chaque année un bal populaire à la date du 14 juillet, et qu’on se fende de beaux feux d’artifice et de joyeux banquets. Devenu adulte et spectateur de la vie politico-médiatique, il prenait bien sûr acte que mythe et réalité divergent, et que les principes républicains trouvent à s’appliquer différemment selon que l’on se situe en haut ou en bas de la pyramide sociale. C’était, et reste notamment le cas, de l’indépendance de la justice et de l’application de la loi. Pour la France d’en bas, c’est le classique dura lex, sed lex qui prévaut : « Dure est la loi, mais c’est la loi ». On parle alors de crimes et délits, de peines de prison ou d’amendes. Pour la France d’en haut, c’est une version assouplie de la vieille sentence qui préside aux destinées : elastica lex, sed lex. Finis crimes, au revoir délits, emmitouflés dans de mystérieuses « affaires » : ces « affaires » qui rythmaient et rythment encore les mandats présidentiels de la Ve République au fil des saisons qui passent et se ressemblent étaient souvent beaucoup plus graves que les incartades du citoyen lambda, mais les affairistes en étaient généralement quittes pour une bonne couverture médiatique et de sérieux frais d’avocat, à moins bien sûr qu’un adversaire n’utilisât ces sorties de routes pour les verbaliser avant de l’être à son tour. Le sage enseignement qu’en retirait le citoyen de base était qu’il ne fallait pas rencontrer de puissants bolides sur l’autoroute de la justice et que s’il respectait ce code de la route implicite il pouvait, bon an mal an, circuler sur les départementales de la République sans trop de risques de se retrouver sur le bas-côté. Il en retirait sinon un sentiment d’équité sociale, au moins celui de l’égalité partisane : « de gauche » comme « de droite », les « affaires » sont, comme le bon sens, la bêtise et les morpions, parmi les choses les mieux partagées du monde.  

C’était le monde d’avant. Dans notre univers mondialisé où chacun doit « se réinventer », un seuil vient d’être franchi. D’abord, la vertigineuse faculté d’anticipation sanitaire des visionnaires qui siègent au sommet de l’État aura privé le citoyen de bals et de défilé cette année. Rien de grave jusqu’ici. D’autant, sait-on jamais, que ce pourrait être là le signe d’un accès de pudeur (danser sur des cadavres dispensables n’eut certes pas été le plus habile des hommages aux covidés disparus). Mais le tournant dont nous voulons parler ne se situe pas tant à l’échelon national qu’à l’échelon municipal ou, plus exactement, à l’articulation des deux. La commune, dans le monde d’avant, était encore en maints endroits cette entité à taille humaine héritière de la commune médiévale, dont la fonction première était de protéger ses habitants contre l’hostilité du monde environnant, et d’abord celles de l’État et des puissances de l’argent. La balkanysation des esprits était certes un mal trans-partisan répandu, mais l’idée restait néanmoins ancrée qu’un maire a pour fonction première de défendre les intérêts des habitants de sa commune.  

Avec l’arrivée d’une nouvelle génération d’édiles municipaux, ce qui était anormalité devient la norme. Y compris dans des communes de moyenne importance, des maires qui ne sont pas natifs de leurs communes et qui ne vivent pas non plus dans le lieu qu’ils administrent, sans attache ni souvenir, œuvrent en gestionnaires déracinés et passagers. Le regard tourné vers de plus hauts mandats nationaux, ils se font le relais des nouvelles élites, avides et déculturées, qui animent le sommet de l’État[1], simplement parce qu’ils leur appartiennent sociologiquement. C’était même on s’en souvient le credo du Maire de Palaiseau et maintenant Président de la Communauté Paris-Saclay, Grégoire de LASTEYRIE : se faire le relai, à l’échelon municipal[2] et au moyen de la « concertation », du monde nouveau que les élites parisiennes appellent de leurs vœux pour la Nation.  

Tout Palaisien informé sait bien ce que « concertation » veut dire : un coup de marteau juridique sur une enclume communicationnelle, la main du citoyen au milieu. D’un côté, on s’arrange avec la loi pour imposer des chantiers immobiliers invasifs et destructeurs au forceps (le C.R.I. du Ferry, le Parc Chabrol, la Ligne 18). De l’autre, on ne cesse de répéter que tout est légal, car il n’est pas interdit d’enfreindre la loi tant qu’on ne se fait pas prendre. Tandis que des riverains constatent et signalent des illégalités en pagaille (au Ferry, à Chabrol), déposent des recours, alertent le Préfet et le sous-Préfet, le Département, l’Inspection du Travail, la Presse, le chantier continue comme si de rien n’était. La loi est là (les infractions aussi), mais il manque 50.000 euros pour la faire appliquer en rémunérant une batterie d’avocats spécialisés, d’huissiers assermentés, d’experts triés sur le volet qui devront passer des heures et des jours en procédures chronophages et lucratives contre un bataillon de juristes stipendiés par les institutions publiques et privées parties prenantes, pour espérer, in fine mouvoir le glaive de Thémis.   À défaut, la vie communale continue : Elastica lex, sed lex.

[1] Christophe Guilluy, Le crépuscule de la France d’en haut, Paris, Flammarion, Champs actuel, 2014.

[2] https://www.lopinion.fr/edition/politique/solutions-politiques-demain-viendront-communes-tribune-gregoire-213456, L’Opinion le 4 mars 2020.

 

3. Paris partout, Palaiseau nulle part  

 

Sur la foi de sa lettre aux riverains du 28 novembre 2019[3], Grégoire de LASTEYRIE a menti. On vient d’annoncer aux riverains de la Bourbillière que leur quartier serait partiellement bloqué en août, et que l’opération fera bien entendu l’objet d’un arrêté municipal signé du Maire de Palaiseau. La nature des travaux pratiqués (destruction d’une partie des bâtiments de l’ancienne école Jules Ferry, excavation du coteau) rendait la chose aussi prévisible que nécessaire. Les habitants de la Bourbillière l’avaient d’ailleurs prévue, et publiquement dénoncée. Rien d’étonnant donc à cela, si ce n’est que GDL, au plus fort de sa campagne électorale, s’était engagé par écrit à ce que le chantier du C.R.I. soit entièrement mené depuis l’avenue de Stalingrad et n’ait aucune incidence sur le quartier de la Bourbillière. Engagement intenable et non tenu. Tout éducateur soucieux d’orienter un enfant vers le Vrai, le Beau et le Bien pourrait donc en l’espèce utiliser GDL comme contre-exemple. Peut-être sa figure pourrait-elle davantage inspirer l’adolescent qui, s’éveillant aux complexités comme aux impuretés du monde, compulse fiévreusement le vade-mecum macronien que constitue Le prince de Machiavel ? Ce serait hélas méconnaître le fait que la raison d’État n’autorise pas le mensonge électoraliste tramé au détriment des finances publiques comme de l’intérêt général, mais celui-là seul qui favorise la grandeur de l’État.  

Pour autant, on ne saurait s’en tenir à une analyse strictement morale de ce trivial petit mensonge opportuniste dans la mesure où, s’inscrivant dans une perspective systémique, il relève moins d’une entorse ponctuelle à la vérité que de la fabrication d’une hallucination que GDL souhaiterait sans doute collective. Nous ferons en effet l’hypothèse que GDL croit au bien-fondé de ses mensonges au point même de finir par croire à leur réalité. Pris à son propre piège, GDL serait donc moins un menteur qu’un être factice rompant progressivement les dernières attaches qui le relient à la réalité, flottant à la dérive dans une inauthenticité sincère.  

Qu’est-ce que le factice ? Une sorte d’exploration radicale de l’adage fameux : « Les cons ça ose tout, et c’est même à cela qu’on les reconnaît. » Le « con » ose les mensonges les plus gros moins par ruse (il est trop « con » pour cela) que parce qu’il est tellement « con » qu’il finit par ne plus les percevoir comme tels. De fait GDL ose tout, nul n’en peut douter : relayer d’abondance, sur les panneaux Decaux dont il a encombré nos trottoirs, les vanteries de la région Île-de-France concernant la plantation d’arbres-poumons, au moment même où il fait abondamment scier, au Ferry et au parc Chabrol… ; se présenter comme girondin dans la presse nationale, alors que le rêve de Grand Paris dont il a le regard tout étoilé est le dernier avatar du jacobinisme dans ce qu’il a de plus démesuré, avec la création d’une mégalopole de plus 11 millions d’habitants, aussi polluante que polluée… ; arroser mensuellement ses tiges de « remplacement » et ses toits végétalisés dans le Palaiseau’Mag, sans que rien jamais ne pousse…  

Par « con » il ne faut pas ici entendre une injure qui dans le cadre d’une quelconque loi Avia risquerait de faire tomber les Tontons flingueurs sous le coup de la censure, mais un con-cept, au moins métaphysique, qui désigne l’aliénation de l’individu au spectacle qu’il croit orchestrer. Quel spectacle fait donc briller les yeux de notre GDL ? Parisien, il en biche pour Paris, car « Paris sera toujours Paris, la plus belle ville du monde »[4] alors il s’efforce de croire et faire accroire qu’à Palaiseau, on est à Paris.  

Symptomatique de cette obsession parisienne et spectaculaire, la colonne Morris, dont notre « baron Truellemann » a affublé la place de la gare de Palaiseau, aussi ridicule qu’arrogante en cet endroit, tant ce mobilier urbain, systématisé par le baron Haussmann et destiné à faire étalage des divertissements procurés par la Capitale, jure avec le bâti villageois du vieux centre palaisien qu’il écrase. En même temps, c’était s’efforcer d’annoncer le programme des futures réjouissances aux néo-palaisiens : « Oyez, oyez braves Parisiens, les bouseux ont perdu la partie et bientôt en lieu et place de leurs bicoques de meulière à deux étages et de leurs horizontalités agraires ensemencées depuis le néolithique, vous trouverez des verticalités de béton enfin à la hauteur des colonnes Morris auxquelles Paris vous a accoutumés. A défaut des produits de la terre, la marchandise culturelle inondera désormais Palaiseau, et ce grand œuvre de civilisation de la banlieue devrait suffire à faire taire votre mauvaise conscience écologique. » C’est donc le spectacle de Paris dans ce qu’il a de plus affriolant pour le touriste assoiffé de ville-lumière comme pour le consommateur culturel compulsif que notre bateleur municipal s’efforce de vendre : l’harmonie d’une ville marquée par la monumentalité kitch et parvenue du Second empire, la fête impériale, le cancan et ses plaisirs. Ce rêve parisien planté à l’entrée du RER B propre à instiller un sentiment de familiarité au nouvel arrivant parisien, comme une légère haine de soi au banlieusard enraciné, est évidemment un leurre. Palaiseau ne sera jamais Paris, et l’architecture insipide des résidences de petit luxe et de grand prix dont GDL entend creuser et bétonner notre cité, si elle en nie l’esprit, n’en fera jamais qu’une cité-dortoir asphyxiée à une vingtaine de minutes de la KAPITALE.  

Mais le léger décalage qu’il existe entre le spectacle et la réalité indispensable au bon fonctionnement de l’illusion spectaculaire peut encore fait accroire à certains, de moins en moins nombreux, que Palaiseau sera un jour gai comme « la vie parisienne »[5] promise par une colonne Morris, et en même temps bucolique comme notre plateau et sa vallée avant leur dévastation par François LAMY et son fils spirituel, LASTEYRIE. Au train d’enfer où vont les choses, il ne faudra pas longtemps pour constater que le Palaiseau de GDL n’est ni gai ni bucolique et qu’il ne sera ni parisien, ni palaisien, mais nulle part.  

[3] Lettre du Maire de Palaiseau aux Riverains du futur conservatoire de Palaiseau, 28 novembre 2019, 2 p.

[4] Paris sera toujours Paris de Maurice Chevalier, parisien authentique, comme GDL, mais pas de la même rive.

[5] Titre d’un opéra de Jacques Offenbach vantant le Paris impériale et ses plaisirs.

 

4. Le mot du Dr No : We are Nimby  

 

Le Dr No est Palaisien. Certains le disent gardien de la porte mystérieuse qui, aux frontières du quartier de La Bourbillière, à deux pas du Carrefour de l’éléphant, mène aux contrées les plus orientales de notre vaste monde, le pays du Soleil Levant. Œuvrant à une meilleure compréhension des différents milieux de notre planète, au Ponant comme au Levant, il offre, entre autres choses, une clef pour saisir la catastrophe lasteyrienne et de quoi elle est exactement le nom[6].  

On se souvient en effet que l’architecte en charge du chantier du Conservatoire à Rayonnement Intercommunal (C.R.I.), Emmannuelle URSENBACH, avait traité les riverains de « Nimby » pour Not in my back yard » ou « pas dans mon jardin ». Dans l’idiome des nouvelles élites mondialisées, ce sobriquet a pour vocation de délégitimer les mouvements de riverains dressés vent debout contre des projets immobiliers destructeurs, issus de l’alliance incestueuse de l’industrie du Bâtiment et des édiles municipaux, en les renvoyant à un égoïsme bas du front. Tout en les traitant à demi-mots de ploucs attardés, la tactique managériale dont les édiles municipaux usent et abusent pour désamorcer ce type de fronde est alors de faire œuvre -da-go-gique : disons, répétons, au besoin imaginons les bienfaits du projet en éludant les nuisances très certaines qu’il entraînera ; conscientisons si faire se peut ces gens qui méconnaissent leur chance de participer à une aventure collective, écologique en diable et résolument novatrice, pour favoriser l’avènement d’un monde « beaucoup-meilleur ».  

Le Dr No a bien connu cette situation, il y a près d’un demi-siècle déjà, dans le Japon des années 1970. Il a bien voulu évoquer pour nous cette pratique managériale de la « concertation » que nous retrouvons aujourd’hui en marche à Palaiseau.  

« En vérité, le régime s’arrogeait même la faculté d’enseigner l’amour des lieux aux habitants qu’il délogeait. Exemple : le projet de mégalo-combinat de la baie de Shibushi, à Kyûshû. Dans l’un des textes que la préfecture de Kagoshima fit circuler à ce sujet, figure la recommandation suivante : ‘S’efforcer d’ores et déjà de faire mieux prendre conscience, à chaque habitant du département, que la nature vaut d’être protégée’ […]. Or, ledit projet comportait la suppression pure et simple, par comblement, d’un site littoral assez remarquable pour qu’une partie en eût déjà été classée ! À ce degré de distorsion de la médiance[[7]], l’inversion du rapport de la société aux lieux confinait au surréalisme […] : la fonctionnalisation du territoire, pour les besoins d’une certaine économie, présupposait l’éradication de toute territorialité. La réaction ne devait pas manquer : ce fut le mouvement habitant »[8].  

Au Japon, le « mouvement des habitants » est né d’une réaction d’hommes enracinés contre les entreprises de destruction de leur territorialité par de grands conglomérats du BTP associés aux représentants de l’État qui se payaient le luxe, par-dessus-le marché, de les prendre pour des crétins. À Palaiseau, le parachutage d’un édile parisien compénétré des mœurs de la nouvelle élite mondialisée qui tient les rênes de la France d’en haut n’en fait pas moins, à son petit niveau, et suscite partout de vives réactions : au Ferry, au Parc Chabrol, autour de l’îlot Tronchet, de l’îlot Ferrié, sur le Plateau et le trajet de la Ligne 18… autant de chantiers qui détruisent, morceau par morceau, la cohésion territoriale de la cité palaisienne, mais aussi des cités avoisinantes.  

« Le mouvement habitant, aidé par la crise du pétrole de 1973, a finalement rendu impossible la réalisation des mégalo-combinats comme celui prévu à Shibushi » conclu le Dr No.  

Faudra-t-il attendre le prochain crash pétrolier ?  

[6] Le lecteur intrigué par le cheminement géographico-philosophique du Dr No déambulera avec profit dans les Dialogues mésologiques sur les bords de l’Yvette d’Augustin Berque (Bastia, Aux éditions éoliennes, 2017).

[7] Dans le vocabulaire de la mésologie dont fait souvent usage le Dr No, la « médiance » désigne l’adéquation réciproque du vivant (l’arbre, l’animal y compris l’homme) et de son milieu (Augustin Berque, Glossaire de la mésologie, Bastia, Aux éditions éoliennes, 2018, p. 24).

[8] Augustin Berque, Le Sauvage et l’artifice. Les Japonais devant la nature, Paris, Gallimard, 1986, p. 239.

 

5. Le recours aux Lettres :

Pierre de Ronsard contre les bûcherons de la forêt de Gastine

 

Extrait d’Élégies, XXIV (vers 19 à 68), tiré et adapté de André Lagarde et Laurent Michard, XVIe siècle. Les grands auteurs français du programme. Anthologie et histoire littéraire, Paris, Bordas, 1985, pp. 126-128.  

« Vers la fin de sa vie, Ronsard eut la douleur de voir abattre une partie de ‘sa’ forêt de Gastine, vendue par le roi de Navarre (le futur Henri IV). Il publia en 1584 cette vibrante élégie dont certains vers comptent parmi les plus harmonieux et les plus évocateurs de notre langue. Le mystère de la forêt, sa fraîcheur, son charme pittoresque ne pourraient être chantés avec cet accent si Ronsard n’avait ressenti, devant la nature, les plus vives émotions. Et quelle magnifique plénitude dans ce « finale » teinté d’une émouvante mélancolie ! »  

Ecoute, bûcheron, arrête un peu le bras !

Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas ;

Ne vois-tu pas le sang, lequel dégoutte à force,

Des nymphes qui vivaient dessous la dure écorce ?  

 

Sacrilège meurtrier, si on pend un voleur

Pour piller un butin de bien peu de valeur,

Combien de feux, de fers, de morts et de détresses,

Mérites-tu, méchant, pour tuer nos déesses ?  

 

Forêt, haute maison des oiseaux bocagers,

Plus le cerf solitaire et les chevreuils légers

Ne paîtront sous ton ombre, et ta verte crinière.

Plus du soleil d’été ne rompra la lumière.

Plus l’amoureux pasteur, sur un tronc adossé,

Enflant son flageolet à quatre trous percé,

Son mâtin à ses pieds, à son flanc la houlette,

Ne dira plus l’ardeur de sa belle Jeannette.

Tout deviendra muet, Écho[1] sera sans voix,

Tu deviendras campagne, et, en lieu de tes bois

Dont l’ombrage incertain lentement se remue,

Tu sentiras le soc, le coutre[2] et la charrue ;

Tu perdras ton silence, et, haletants d’effroi,

Ni Satyres ni Pans ne viendront plus chez toi.  

 

Adieu vieille forêt, le jouet de Zéphyre,

Où premier j’accordai les langues de ma lyre,

Où premier j’entendis les flèches résonner

D’Apollon, qui me vient tout le cœur étonner ;

Où premier, admirant la belle Calliope[3],

Je devins amoureux de sa neuvaine trope[4],

Quand sa main sur le front cent roses me jeta,

Et de son propre lait Euterpe[5] m’allaita.

Adieu, vieille forêt, adieu têtes sacrées,

De tableaux[6] et de fleurs autrefois honorées,

Maintenant le dédain des passants altérés,

Qui, brûlés en l’été des rayons éthérés,

Sans plus trouver le frais de tes douces verdures,

Accusent tes meurtriers et leurs disent injures. 

 

Adieu, chênes, couronne aux vaillants citoyens[7],

Arbres de Jupiter, germes Dodonéens[8],

Qui premiers aux humains donnâtes à repaître ;

Peuples vraiment ingrats, qui n’ont su reconnaître

Les biens reçus de vous, peuples vraiment grossiers

De massacrer ainsi leurs pères nourriciers !  

 

Que l’homme est malheureux qui au monde se fie !

O dieux, que véritable est la philosophie,

Qui dit que toute chose à la fin périra,

Et qu’en changeant de forme une autre vêtira !

De Tempé[9] la vallée un jour sera montagne,

Et la cime d’Athos[10] une large campagne ;

Neptune[11] quelquefois de blé sera couvert ;

La matière demeure et la forme se perd.    

1) La nymphe Echo.

2) Le couteau de la charrue, qui tranche la terre.  

3) Muse de la poésie épique.  

4) La troupe des neufs Muses.  

5) Muse de la poésie lyrique.  

6) Ex-voto suspendus aux arbres par les anciens.  

7) La couronne civique, en feuilles de chêne, récompensait à Rome le soldat qui avait sauvé un camarade.  

8) Les chênes de Dodone (en Épire) prédisaient l’avenir par leur bruissement.  

9) Vallée de Thessalie.  

10) Haute montagne de Chalcidique.  

11) La mer.  


Riverains de la Bourbillière

Double peine pour les Palaisiens

2020-07-09 09:29:25

Communiqué de presse de l’Association des Amis de la Bourbillière n° 28 – jeudi 9 juillet 2020  

DOUBLE PEINE POUR LES PALAISIENS : LE GRAND PARIS À MARCHE FORCÉE

Hier, le Maire de Palaiseau Grégoire de LASTEYRIE a finalement été élu Président de la Communauté Paris-Saclay (CPS) après quelques jours d’intense suspens. Les 39 élus communautaires qui ont voté GDL n’ont remporté la mise qu’in extremis : 36 élus avaient en effet choisi de lui barrer la route en votant Nicolas SAMSOEN. Les analyses du résultat vont déjà bon train ici et là pour tâcher de savoir lesquels des élus ont permis la victoire lasteyrienne, soit la pire des configurations possibles pour les Palaisiens inquiets de la destruction du vieux Palaiseau et du remplacement de population que GDL met insidieusement en place à grands coups de rehaussement du prix du foncier, mais aussi peut-être, on y reviendra, pour les habitants des 27 communes de la CPS.  

Le point sur lequel tout le monde s’accorde au vu de l’arithmétique des « couleurs » politiques affichées par chacun des élus communautaires, c’est qu’une part conséquente de « la gauche » a nécessairement soutenu GDL, se partageant ainsi la responsabilité de la victoire lasteyrienne avec les deux votants « blanc » qui se sont réfugiés dans un « ni GDL ni SAMSOEN » évidemment favorable à GDL. L’analyse du bulletin « nul » est la plus délicate : un maladroit ? Un malin n’assumant pas le vote blanc biffant son bulletin pour ne pas être accusé d’avoir fait le choix du pire en ne barrant pas la route à GDL ? Nous y verrons plus clair dans les jours qui viennent, mais d’ores-et-déjà quelques enseignements peuvent être tirés de ce scrutin.  

Le premier enseignement concerne tous les Palaisiens qui, nombreux et ulcérés par les agissements de leur maire, se sont opposés et continuent de s’opposer à l’implantation du nouveau Conservatoire à Rayonnement Intercommunal (C.R.I.) sur le site de l’ancienne école Jules Ferry, faite en dépit du bon sens. La ligne de défense de GDL encore exprimée dans le dernier Palaiseau mag’ n°247 de juillet-août 2020 a toujours été de nier les arguments raisonnables et rationnels qu’on lui opposait, ou mieux encore de ne pas y répondre pour les rendre invisibles tout en les rabaissant à la défense d’intérêts partisans, les accusant même de « posture politicienne ». Comme GDL incarne ou prétend incarner « la droite » palaisienne, il visait là ceux qui, parmi les opposants au projet du C.R.I., incarnent ou prétendent incarner « la gauche ». Mais, preuve par l’élection à la présidence de la CPS, on peut avoir des « valeurs de gauches » et soutenir la politique municipale et intercommunale de GDL. Exit donc l’argument de la lutte partisane, dont les élus de la CPS ont démontré l’inanité bulletin de vote en mains.  

Le second enseignement est beaucoup plus général et relève des mutations de la vie politique française à l’échelon national et de leurs éventuelles manifestations à l’échelon municipal. Les études sont nombreuses qui montrent que le vieux clivage gauche / droite devient inopérant. Signe des temps, l’actuel Président de la République n’est lui-même ni de gauche ni de droite, bien au contraire. Géométrie de l’espace mise à part, il est fondamentalement libéral et mondialiste, idéologies qui sont aussi bien défendues à la gauche qu’à la droite des appareils politiques représentés à l’Assemblée nationale. À son petit niveau, GDL procède fondamentalement du même mouvement qui a porté Emmanuel MACRON aux plus hautes fonctions : celui qui oppose les tenants de la mondialisation heureuse à ceux qui en subissent les conséquences économiques et sociales soit la France des métropoles contre la France périphérique[1]. Raison pour laquelle des gens se réclamant des « valeurs de la gauche » comme ceux qui se réclament des « valeurs de la droite » peuvent soutenir de conserve un GDL, même si ce n’est pas forcément pour les mêmes raisons.  

Le troisième enseignement de ce scrutin est d’ordre prospectif. Alors que le Grand Paris s’amorce, les élus de la CPS viennent d’élire à leur tête un parisien de la France d’en haut inséré dans de nombreux réseaux politico-financiers qui était de loin le meilleur candidat possible pour accélérer la mise en place de ce grand chambardement qui dénaturera la région en profondeur. Si ce choix qui restera dans les annales de l’histoire locale comme celui des bétonneurs « de gauche comme de droite » est à cet égard d’une parfaite cohérence, il s’assied néanmoins sur un paradoxe qu’ils n’ont sans doute pas bien mesuré : avec le Grand Paris, c’est une double promesse de déracinement qui est faite aux citoyens de la CPS comme à leurs élus. Aux citoyens lambda, on promet une nouvelle bétonisation par le truchement de programmes de « transition écologiques », qui seront le faux-nez d’une vague de densification urbaine inédite (avec pistes cyclables et toits végétalisés pour ‘compenser’ les centaines de milliers de tonnes de béton gagnées sur les terres agraires et les milliers d’arbres décanillés) ; aux élites locales, on promet d’être remplacées par des équipes parisiennes qui intègrent déjà les structures administratives et politiques municipales. Déracinées et désincarnées, elles n’auront que faire du patrimoine de vieilles cités dans lesquelles elles n’ont aucune attache et aucun souvenir.  

La double peine, les Palaisiens la subiront très vite, mais les habitants de la CPS ne tarderont pas non plus à en ressentir, eux aussi, les effets dévastateurs.

                                                                                  Les Amis de la Bourbillière.

[1] Christophe Guilluy, La France périphérique. Comment on a sacrifié les classes populaires, Paris, Flammarion, Champs actuel, 2014.


Riverains de la Bourbillière

What's a fugazi ? (GDL candidat à la CPS n°2)

2020-07-08 09:39:31

Communiqué de presse de l’Association des Amis de la Bourbillière n° 27 – mercredi 8 juillet 2020  

What’s a fugazi ?  

Grégoire de LASTEYRIE fait campagne pour la présidence de la Communauté Paris-Saclay (2)    

Qui n’a pas tendu l’oreille en écoutant Jonny Deep, lorsqu’il incarnait l’agent du F.B.I. Donnie Brasco[1] : infiltré au sein de la mafia italo-américaine, il assenait au mafieux Lefty  joué par Al Pacino en parlant du faux diamant que ce dernier tentait de lui refourguer : « that’s a fugazi ». Et de préciser en anglais standard « it’s a fake », « c’est un faux ! ». Le dialecte italo-américain n’est pas courant à Palaiseau mais la cité possède toutefois un beau fugazi. C’est à peu de chose près ce qu’un nombre croissant de Palaisiens doivent penser de leur maire, Grégoire de LASTEYRIE.  

Que constatent-ils en effet ? LASTEYRIE leur a été présenté comme un rêve scintillant pour électeur déboussolé par la « vieille » politique : une particule nobiliaire comme gage de distinction dans un univers de vulgarité, un jeune maire à l’écoute et proche des attentes de ses administrés là où règne souvent une pesante verticalité, un volontarisme dynamique exondant un à un les problèmes de la cité d’un puits d’inertie léthargique, agrémenté d’un sens de l’équilibre circonspect entre un conservatisme de bon aloi et un esprit d’ouverture toujours à l’affût des dernières modernités, technologiques notamment.  

Mais dans ce monde renversé qui est le nôtre où le vrai n’est qu’un moment du faux, le quotidien des Palaisiens est aux antipodes. L’héritier de la vieille noblesse française s’est révélé sans esprit de noblesse et foule aux pieds quotidiennement les valeurs de ses ancêtres. S’il ne cesse de parler à ses administrés en un babillage permanent, dans ses discours, dans son magazine mensuel, sur son compte facebook et depuis le confinement à travers sa lettre électronique hebdomadaire, ce n’est que pour leur répéter sur tous les tons qu’il est présent tout le temps pour agir beaucoup, vite et bien ; mais dans les faits il n’écoute jamais les doléances ni les arguments qu’on lui oppose et ses collaborateurs se plaignent de son caractère autocrate qui ne suscite pas tant l’adhésion qu’il ne distille la peur. Son dynamisme, purement foncier, s’apparente à de l’activisme forcené : GDL vit par et pour la tractopelle et l’investissement dans le BTP si bien que des agences immobilières s’abattent par dizaines sur la ville comme des nuages de sauterelles affamées, à l’affût de la moindre parcelle à préempter pour construire les cases à lapin améliorées des futurs cadres du Grand Paris. Pour les Palaisiens attachés à leur terre ainsi qu’à leur patrimoine, le « conservatisme » de GDL s’apparente ainsi à une opération proprement révolutionnaire : exit les gens du cru, raus les vieilles pierres, et bonjour à la mélodie du bonheur enregistrée dans les studios du nouveau Conservatoire à Rayonnement Intercommunal érigé sur les ruines d’un quartier historique pré-révolutionnaire contre l’avis des riverains, contre l’intérêt des usagers du futur conservatoire, contre le bon sens urbain, contre la raison hydrographique et contre l’urgence écologique.  

Il apparaît alors d’une rigoureuse logique qu’« Agir ensemble »[2] soit le credo de la campagne de GDL pour son élection à la présidence de la CPS. Car s’il est bien une chose dont les Palaisiens savent pertinemment qu’elle lui est rigoureusement impossible, c’est bien d’agir « ensemble », en concertation avec qui que ce soit qui, n’étant en position de pouvoir politique ou économique, lui opposerait des arguments rationnels indiquant qu’il fait fausse route. Les usagers du Foyer Drouillette, les riverains du Parc Chabrol, ceux du quartier de La Bourbillière, de l’îlot Tronchet, de l’îlot Ferrié, et de la future mosquée de Palaiseau peuvent en témoigner tout particulièrement.  

Dans notre monde renversé, un homme en responsabilité vivant à ce point dans le faux qu’il n’habite pas même, au sens plein du terme habiter[3], la ville qu’il représente, est-il un faussaire ? Légitime question si l’on veut bien considérer qu’il contribue à fabriquer la réalité factice qui nous entoure. Certains spécialistes répugnent toutefois à ce terme propre à l’ancien monde et préfèrent désormais parler de « sincérités successives ». Ce qui nous amène à nous interroger sur sa prochaine insincérité, en pensant philosophiquement : what next ?  

Les Amis de la Bourbillière.

[1] Donnie Brasco, de Mike Newell, 1997.

[2] Grégoire de Lasteyrie, « Agglo Paris-Saclay, agir ensemble », 4 juillet 2020, 3 p.

[3] Martin Heidegger, « Bâtir habiter penser », in Essais et conférences, Gallimard, tell, 1958.


Riverains de la Bourbillière

Election à la CPS : blues ou verrouillage électoral ?

2020-07-07 07:55:24

Communiqué de presse de l’Association des Amis de la Bourbillière n° 26 – mardi 7 juillet 2020  

Blues verdâtre ou verrouillage électoral carabiné ?

Grégoire de LASTEYRIE fait campagne pour la présidence de la Communauté Paris-Saclay  

Demain, mercredi 8 juillet, en début de soirée, les élus de la Communauté de Paris-Saclay (CPS) voteront pour l’élection à la présidence de cette agglomération de 27 communes à laquelle appartient Palaiseau. Samedi 4 juillet,  Grégoire de LASTEYRIE a fait acte de candidature à cette présidence qui permettrait à l’édile parisien de régner sur une partie du Grand Paris. Mais GDL veut-il réellement être élu ? Telle sera notre interrogation du jour.  

Rappelons d’abord les circonstances générales de cette élection. GDL se présente contre le maire de Massy, Nicolas SAMSOEN. SAMSOEN porte les couleurs de l’Union des Démocrates Indépendants, « le centre droit » de Jean-Louis Borloo, macron-compatible. Grégoire de LASTEYRIE est de son côté affilié au groupe « Les républicains et Indépendants » de la région Île de France, dirigée par Valérie Pécresse, également macron-compatible. Dans les deux cas, ils représentent une fraction majoritaire de « la droite » locale. Compte tenu du rapport de force interne aux élus de la CPS au sein desquels « la gauche » est minoritaire, « la droite » va décider pour une large part de l’issue du scrutin, même si « la gauche » peut choisir de faire barrage à celui qu’elle considère comme le plus nuisible des deux. Savoir, à cette échelle électorale, sur la base de quelles raisons se fera le choix des élus est affaire complexe à laquelle nous ne saurions apporter de lumière particulière : convictions personnelles, postures ou impostures idéologiques, savants calculs d’appareil, promesses d’appui de chacun des candidats aux maires de telle ou telle commune, psychologie et alchimie relationnelles… le monde est divers, les élus nombreux et longue la liste des contingences qui feront l’élection de mercredi. Comme le dit un proverbe oriental, ceux qui savent savent, mais ceux qui ne savent pas ne peuvent pas savoir (comme quoi l’Orient n’est pas si compliqué…).  

Le simple citoyen peut cependant raisonner à partir des professions de foi des candidats, qui circulent ici et là[1]. Sur la base de ces petits textes, une étrange anomalie saute aux yeux. Quand on la compare à celle de SAMSOEN, la copie de GDL paraît singulièrement médiocre : GDL traîne la plume pour accoucher de 3 malheureuses pages, rédigées avec ses pieds, confond même « problématique » et « problème », une tare journalistique désormais monnaie courante, et distribue ses mots-clefs recyclés de précédentes harangues sans conviction aucune. La copie de SAMSOEN est autrement structurée, mieux troussée, plus substantielle aussi puisqu’elle fait le double de pages, et se trouve même joliment présentée. Quand GDL monte péniblement à 6/20, SAMSOEN s’assure un petit 14/20 sans trop d’effort. Entendons-nous bien : on ne se prononce pas sur la véracité ni l’exactitude du propos, moins encore sur l’intention et l’honnêteté qui la portent. Plus précisément : côté Palaiseau, on sait qu’elles ne sont pas au rendez-vous ; côté Massy, nous n’en savons rien. Pour le reste, force est de constater : désinvolture et négligence d’un côté, application et implication de l’autre.  

On voit tout de suite s’avancer les explications simplistes : SAMSOEN est passé par l’Ecole Normale Supérieure, GDL sort d’HEC, le premier sait écrire, le second en est réduit à s’appuyer sur des communicants mal formés pour écrire à sa place. L’argument nous paraît court, et nous avons cherché à complexifier le scénario. Deux hypothèses, selon nous, se dégagent.

- Première hypothèse, GDL part vaincu. Le spectre des 13 tilleuls qu’il fit sauvagement abattre dans la cour de l’ancienne école Jules Ferry vendredi 12 juin dernier hante les nuits de Lasteyrie, qui sont moins belles que nos jours : un blues verdâtre l’a saisi au plus fort de la bataille, et c’est à reculons qu’il chausse les gants pour se faire cueillir sur le ring à la première reprise.

- Deuxième hypothèse, GDL a déjà tout verrouillé. En « réseautant » comme un forcené, il a verrouillé l’appareil en amont de l’élection ; lors, imbu de sa personne, sûr de lui au-delà de l’imaginable, il envoie cette lettre indigente aux élus en se contrefichant de l’effet qu’elle aura comme de sa dernière chaussette car l’important n’est pas là. La politique, la vraie, c’est le coup de téléphone, la réseautique élitaire et le donnant-donnant. Le reste, c’est du bavardage.  

En marge de cette binarité un rien abrupte, on pourrait toutefois imaginer un tiers scénario : ni blues, ni verrouillage, GDL jongle, affolé, entre les rumeurs et contre-rumeurs de remaniement ministériel. On lui avait dit « tu en seras » ! Il a donc lâché la préparation de son élection à la CPS et puis « patatras », il sait qu’il ne sera pas ministre mais espère encore devenir secrétaire d’État ; il faut réseauter de plus belle, re-téléphoner, re-visio-conférencer, se redéplacer, tout en rédigeant en catastrophe son pensum pour la CPS au cas où rien ne viendrait ; et puis c’est l’incident ! Son nègre est tombé dans un cluster COVIDien, intubé, et ne peut plus rédiger. GDL se retrouve seul face à sa feuille blanche… et le cauchemar commence…                                                                                    Les Amis de la Bourbillière.

[1] Nicolas Samsoen, « Paris-Saclay : un projet collectif », juillet 2020, 6 p. ; Grégoire de Lasteyrie, « Agglo Paris-Saclay, agir ensemble », 4 juillet 2020, 3 p.


Riverains de la Bourbillière

Tout fout l’camp !

2020-07-06 10:09:36

Communiqué de presse de l’Association des Amis de la Bourbillière n° 25 – lundi 6 juillet 2020  

Y’a plus de civisme, y’a plus de vrai maire… Tout fout l’camp ! [1]  

Il n’aura échappé à aucun de nos concitoyens le caractère factice qu’a revêtu la vie en général, et plus spécifiquement la vie politique depuis, disons, une vingtaine d’années. Qu’on les approuve ou les réprouve, les hommes politiques de l’ancien monde semblaient infiniment plus réels et humains que ceux du nouveau monde qui nous entoure. D’une manière ou d’une autre et à des degrés divers, ils incarnaient leurs paroles publiques.  

Ceux du nouveau monde semblent à l’inverse désincarnés et nimbés d’une facticité permanente : c’est qu’ils se sont eux-mêmes persuadés que la présentation de soi dans les médias et leur univers virtuel constitue l’essentiel du rapport de force politique. Ils font parler d’eux pour exister dans cet univers virtuel et doivent y exister moins pour lutter que pour se montrer en lutte, on ne sait trop contre quoi mais là n’est pas l’essentiel. L’important est désormais de se mettre en marche, plus de savoir où l’on voudrait aller. Comme dans le même temps le niveau culturel des élites et singulièrement celui des élites politiques s’est effondré, le résultat de cette prise de parole politique est souvent désastreux : le tweet mal ficelé remplace la tribune, les post facebook les livres d’opinions, tandis que les tribuns ne sont plus et que les têtes d’affiche doivent lire des prompteurs sur des tablettes parce que, depuis les années 1960, on n’apprend plus la rhétorique dans les écoles de France et de Navarre – nous voulons parler de celle d’Aristote, pas de la bouillie pour chats communicationnelle que BLANQUER appelait de ses vœux lorsqu’il était ministre de l’éducation dans le précédent gouvernement. Comme les personnalités politiques finissent par se persuader que n’existe que ce qui a une existence médiatique, toute manifestation de la réalité qui ne passerait pas par le truchement des médias qu’elles cherchent par ailleurs à contrôler pour maîtriser leur présentation de soi leur est incompréhensible. Quand le réel se rappelle à elles, c’est la débandade : souvenez-vous l’actuel Président de la République enterré dans son bunker élyséen, le pouvoir vacillant devant une de ces frondes populaires dont la France a le secret.  

À l’échelle municipale, cela se traduit par l’avènement de nouveaux maires 2.0, des maires hors sol qui ne vivent que par et pour leur communication. Penchons-nous sur un exemple connu des Palaisiens, leur propre maire, Grégoire de LASTEYRIE. On peut raisonnablement dire que sa vie politique est essentiellement virtuelle. Pour la plupart des Palaisiens, GDL est un compte facebook doublé d’un magazine mensuel abondamment illustré de portraits de sa personne et, pour ceux qui ont pris la peine d’y assister, de quelques discours creux pleins de mots-clefs recopiés d’une fois sur l’autre, mais agencés différemment selon les circonstances des événements que son chef de cabinet planifie tout au long de l’année, le tout agrémenté d’un supplément d’âme en l’espèce d’une citation littéraire décontextualisée.  

Certes il n’est pas impossible de croiser GDL dans la rue de Paris, de manière impromptue. Plusieurs ont ainsi vu l’édile parisien remonter la rue de Paris, faisant mine d’avoir fait son marché, arborant un fier panier en véritable osier d’où dépassait un magnifique poireau. D’autres se seraient laissés prendre par la minuterie de son luminaire qui, dit la rumeur colportée par les mauvaises langues, lui permettrait de faire croire qu’il est parfois présent le soir dans l’appartement qui lui sert de boite-aux-lettres. Mais là n’est pas l’essentiel : lui-même a sans doute l’impression, en croisant de temps à autre des Palaisiens avec qui il échange un mot ou deux, de ressentir pleinement les attentes de ses administrés en même temps que d’accomplir sa bonne action hebdomadaire, et finalement de prendre pour eux les justes décisions. Tout gouverneur étranger d’une contrée occupée pense qu’il fait le bien de la cité.

Mais lorsque les Palaisiens contestent sa politique de bétonnage et de destruction du patrimoine, au Parc Chabrol, au Foyer Drouillet, à La Bourbillière, à l’îlot Ferrié, à l’îlot Tronchet, autour de la future mosquée, sur le Plateau, lorsque la réalité de ses agissements inconsidérés un temps masqués par le voile médiatique lui revient dans la figure, GDL ne veut y voir que manœuvre partisane : comme les riverains n’ont pas d’existence médiatique, leurs arguments n’existent pas, et c’est donc que des forces adverses cherchent à le déstabiliser. Quand il se rend compte un peu tard que les riverains existent et qu’ils ont de sérieuses raisons de contester sa politique, GDL se révèle incapable de faire ce que tout maire a toujours fait depuis qu’il existe des municipalités : rencontrer les riverains. Contrarié, il retourne à son facebook et trie les portraits de sa personne en train de serrer des mains pour le prochain numéro du Palaiseau mag’.  

Dans l’armée, la peur d’affronter la réalité du terrain entraîne une surenchère technologique qui implique à son tour l’impossibilité d’assumer les conséquences réelles des actes guerriers : le conducteur de drones assassinant sa cible depuis son écran du Texas n’a plus aucune idée de ce qu’une mort sanglante représente. Nos maires 2.0 sont un peu comme ces grands adolescents recrutés par l’armée états-unienne au sortir de l’université : des gamers qui, terrorisés par la réalité, terrorisent le monde depuis leur univers virtuel.                                                         

Les Amis de la Bourbillière.

[1] Sur l’air de « Tout fout l’camp », de Marcel Mouloudji.


Riverains de la Bourbillière

Le Maire de Palaiseau opte pour une "défense de rupture"

2020-07-03 11:45:26

Communiqué de presse de l’Association des Amis de la Bourbillière n° 24 – vendredi 3 juillet 2020  

Acculé, le Maire de Palaiseau opte pour une « défense de rupture »

 

Dans le dernier Palaiseau mag’ (n°247, juillet-août 2020), le Maire de Palaiseau Grégoire de LASTEYRIE et les 29 élus de la majorité répondent aux tribunes des quatre listes d’opposition qui, chacune à sa manière et suivant ses sensibilités politiques, dénonce l’abattage des 13 tilleuls de la cour de l’ancienne école Jules Ferry, et plus largement le choix imbécile d’y implanter le nouveau Conservatoire à Rayonnement Intercommunal (C.R.I.).  

Dans sa réponse à verser aux annales de la mauvaise foi, GDL et ses comparses proclament haut et fort que le nouveau conservatoire est « une chance » pour Palaiseau, et qu’aucun problème ne se pose quant au fait de l’implanter sur le site de l’ancienne école Jules Ferry. La dénégation n’est pas pour étonner même si la forme amusera les initiés tant elle procède de l’antiphrase puérile. Passons en revue ce florilège orwellien dont GDL gratifie le lecteur chaque mois depuis l’an de disgrâce 2014, lorsque, souvenez-vous, l’édile parisien endossait son blanc destrier pour chasser le dragon-béton « de gauche », François LAMY, avant de se transformer à son tour, comme dans un conte de fées, en dragon-béton « de droite », tant il est vrai que l’alternance démocratique est un principe auquel le démon de la bétonnière ne saurait lui-même déroger.

Dans son C.R.I., décidément de plus en plus rauque, GDL affirme que « tout » sera « exemplaire sur le plan environnemental ». Dénégation de l’adolescent pris la main dans le sac de la grand-mère qu’il vient de dépouiller : « j’ai rien volé ! ». Un délit écologique, il y a dix ans, n’allait pas chercher bien loin, mais aujourd’hui, les choses se corsent. D’autant que GDL n’y est pas allé avec le dos de la truelle : prix du geste écologique le plus désastreux de l’année pour l’abattage de 13 tilleuls remarquables en période de nidification délivré par une association reconnue par l’Assemblée Nationale ; éradication du seul îlot de fraîcheur d’un quartier ; perturbation annoncée de son réseau hydrographique ; augmentation considérable des embouteillages (donc de la pollution atmosphérique) sur la D117, principale pénétrante de la ville ; et cerise sur le gâteau, une gigantesque verrière qui fera fonctionner les climatisations plein-pot tous les étés. Exemplaire est le mot.

Mais la suite n’est pas en reste, puisqu’on y lit que ce projet « a fait l’objet d’une très large concertation, où tout le monde a pu s’exprimer ». À qui GDL veut-il faire croire qu’un citoyen normalement constitué puisse acquiescer à l’idée de ravager un quartier patrimonial et de dépenser des sommes outrancières pour implanter un conservatoire dans un lieu impropre alors qu’il suffirait d’attendre quelques mois supplémentaires pour l’implanter dans un endroit adapté comme, par exemple, à la Sous-préfecture ? Tout à son Arpège, GDL doit penser que se concerter consiste à jouer du pipeau entre amis mélomanes, et raconter trois salades à ses badauds d’administrés à grands coups de power-point colorés.

Et de continuer sur le même registre : toutes « les études nécessaires en termes de stationnement, de circulation, de sols et de sécurité ont été réalisées ». C’est tellement vrai qu’elles sont introuvables et que lorsqu’on a la chance d’en trouver une, elle démontre les incohérences du projet : l’étude de stationnement confond les places existantes et celles à construire ; l’étude de circulation est aux abonnés absents et le Permis de construire comprend même une objection de la Direction du transport et de la voirie du Département de l’Essonne restée lettre morte ; l’étude de sol a été faite au mauvais endroit ; quant à l’étude de sécurité nécessaire à l’ouverture de tout chantier, GDL pratique sans doute l’humour noir : démarrage du chantier sans palissade avec coupe de tôle au milieu des poussettes, sans arrêté, sans panneau, sans casque, sans gants, sans rien ; ouvriers envoyés découvrir un toit à neuf mètres du sol sur un échafaudage non sécurisé, derechef sans casque, sans baudrier, sans ligne de vie, sans rien ; et le tout à l’avenant.  

Comme on le voit, « tout a été fait de manière ouverte et transparente ». Dans ce déni carabiné, les juristes auront reconnu la fameuse défense de rupture que le sémillant avocat Jacques VERGÈS adoptait pour les cas désespérés : nier toute légitimité au jury et récuser en bloc les accusations sans prendre la peine d’y répondre. L’argument que GDL avance pour dénier aux riverains toute qualité de jugement dans cette affaire est de confondre leur démarche avec la « posture politicienne » qu’il attribue aux élus de l’opposition. Pourtant, riverains, élus de l’opposition, anciens élus de sa propre majorité, de gauche, de droite ou du centre, royalistes ou républicains, jacobins, girondins ou montagnards, orléanistes ou légitimistes, anarchistes ou encartés, il appert à toute personne prenant connaissance du dossier que le bon sens est seul en cause : à moins d’être un idiot congénital, un parfait égoïste, ou un fieffé politicard refusant de reconnaître publiquement la bourde monumentale de sa propre tête de liste, on ne peut décemment soutenir ce projet destructeur.

La vraie question n’est donc pas de savoir, comme le dit GDL, si l’on est « pour ou contre » le conservatoire, puisque tous les Palaisiens sont pour, mais si l’on est pour ou contre  la destruction d’un quartier patrimonial sacrifié à la campagne électorale d’un édile parisien qui n’attend qu’une occasion pour partir ailleurs.  

Les Amis de la Bourbillière.


Riverains de la Bourbillière



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